Tensions avec la Russie: le parlement ukrainien approuve la loi martiale

Le pont Kerch reliant le territoire russe à la péninsule de Crimée. © AP/SIPA

Ce régime d’exception prévoie notamment la mobilisation des réservistes et des mesures visant au maintien de l’ordre public

C’était le souhait du président Petro Porochenko. Les députés ukrainiens ont approuvé, lundi 26 novembre au soir, l’instauration pour une période de 30 jours de la loi martiale dans les zones les plus vulnérables d’Ukraine après l’incident qui a opposé la marine ukrainienne à la marine russe en mer d’Azov. Petro Porochenko avait signé plus tôt dans la journée un décret imposant ce régime d’exception et prévoyant notamment la mobilisation des réservistes et des mesures visant au maintien de l’ordre public. Le dirigeant ukrainien a ainsi évoqué une menace «  extrêmement grave  » d’invasion russe terrestre et a justifié la nécessité de renforcer les défenses nationales.

Les forces russes ont ouvert le feu dimanche sur trois navires de la marine ukrainienne et les ont arraisonnés, en affirmant qu’ils étaient entrés illégalement dans les eaux territoriales russes. Plusieurs marins ukrainiens ont été blessés. Moscou faisait lundi la sourde oreille aux pays occidentaux qui lui demandent de restituer à l’Ukraine ces trois bâtiments de guerre, amarrés au port de Kertch. La déléguée russe aux droits de l’homme, Tatiana Moskalkova, a précisé lundi que 24 marins ukrainiens avaient été arrêtés.

Eaux troubles. Ce n’est pas la première fois que Moscou bloque le détroit de Kertch pour empêcher des navires ukrainiens de passer en mer d’Azov mais l’ampleur prise par cet incident risque à la fois de relancer le conflit entre les deux voisins ainsi que les appels au maintien, voire à l’alourdissement des sanctions occidentales contre la Russie. L’Allemagne, qui mène avec la France, la Russie et l’Ukraine les négociations en «  format Normandie  » visant à trouver une issue au conflit dans le Donbass, a dénoncé lundi la fermeture du détroit de Kertch à la navigation. «  Le blocus de la mer d’Azov est inacceptable  », a déclaré sur Twitter le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

La France a appelé pour sa part la Russie à libérer «  dans les plus brefs délais  » les navires et marins ukrainiens et a invité Moscou et Kiev «  à faire preuve de la plus grande retenue et à prévenir toute escalade militaire  ». En signe d’apaisement, la Russie a retiré lundi matin un cargo qui bloquait la navigation dans le détroit mais elle n’a manifesté aucune intention de restituer ses navires à l’armée ukrainienne.

Source et suite de cet article: lopinion.fr - (Avec Reuters)