Un second escadron de réservistes pourrait voir le jour à Olivet d’ici 2019 ou 2020

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Les réservistes sont formés tout au long de l’année. Comme des soldats professionnels, ils peuvent évoluer en grade en fonction de leur mérite et de leur investissement. © PHOTO d’illustration 12 RéGIMENT DE CUIRASSIERS

Ils ont entre 17 et 30 ans, et par passion, « nécessité » ou volo nté de servir leur pays, ces Orléanais (es) ont rejoint la réserve opérationnelle du 12 e régiment de cuirassiers d’Olivet.
Rangers au pied et treillis sur le dos. En ce vendredi 11 novembre, rien ne différencie le sergent-chef Antoine d'un soldat professionnel. Réserviste, cet Orléanais de 30 ans est pourtant, dans la vie civile, chargé d'étude pour l'industrie. « Je considère que j'ai deux métiers », indique-t-il en préambule. « On y apprend un vrai savoir faire »Voilà maintenant onze ans qu'Antoine a rejoint les rangs du 5 e escadron de la réserve opérationnelle du 12 e régiment de cuirassiers d'Olivet. Un vrai choix de vie qui s'est dessiné après une JAPD, appelée désormais JDC : Journée de Défense et citoyenneté. « À l'époque, je ne connaissais même pas l'existence de la réserve. Ça m'a beaucoup plu car l'armée m'a toujours attiré. Être réserviste m'a permis de découvrir ce monde, d'en avoir une bonne vision sans forcément m'engager, et surtout d'avoir une première expérience professionnelle : on y apprend un vrai savoir-faire, tout comme le respect des horaires », explique-t-il. S'il assure, aujourd'hui, de nombreuses formations auprès des plus jeunes recrues, Antoine continue d'occuper le « terrain », en rejoignant des missions de protection du territoire, notamment dans le cadre de Vigipirate. « C'est pour cela qu'on s'engage : on souhaite faire de l'opérationnel, ce qui arrive au moins une semaine par an. » Ce fut le cas pour Julie, une jeune brigadière orléanaise de 22 ans qui se destine à une carrière de professeur des écoles. Engagée depuis quatre ans, elle a été envoyée en mission Sentinelle durant deux semaines dans le XI e arrondissement de Paris, suite aux attaques du Bataclan. Sur place, elle ne s'attendait pas à avoir de telles réactions de la part des Parisiens. « J'ai été surprise du regard des gens. Ils nous souriaient et nous remerciaient. Pour ma première fois en mission, ça a été un sentiment très fort ! » Et un regain de motivation, comme le note également Antoine. « Les attentats nous ont donné un vrai coup de boost, surtout après avoir entendu ce qui s'était passé à Nice », se souvient-il, la voix tremblotante et les larmes aux yeux. Pour le 1 re classe Cédric, 17 ans, il est d'ailleurs devenu « nécessaire de rejoindre la réserve. Le risque est omniprésent. » Lui l'a fait au mois de juillet, et souhaite déjà prolonger son engagement après ses études d'ingénieur qui l'enverront, l'an prochain, à Lyon. « Être réserviste, c'est comme suivre une formation de secouriste. À tout moment, nous pouvons réagir s'il y a un problème. » En terminale S au lycée Benjamin-Franklin d'Orléans, Cédric fait partie des nombreux nouveaux réservistes à avoir rejoint, cette année, le « 12 e cuir ». 80 nouveaux réservistes en 2016Ces derniers mois, la réserve connaît en effet un réel regain d'intérêt. À titre de comparaison, une seule période de recrutement était organisée jusqu'en 2016, pour une trentaine de places à pourvoir. « Cette année, nous en sommes à trois phases de recrutement, pour 80 nouveaux réservistes », explique le sous-lieutenant Anne-Sophie, officier de communication au sein du 12 e régiment de cuirassiers, qui compte désormais 126 réservistes. « Maintenant, explique-t-elle, nous ne sommes plus dans une logique de renouvellement d'effectif. D'ici 2019 à 2020, nous espérons même avoir un second escadron de réserve pour faire face à la multiplication des missions. »

Source de l'article: LaRepubliqueduCentre - Quentin Jost