Des réservistes qui ont la flamme à Marseille

Une session de formation des futurs gendarmes réservistes s'est tenue à la caserne Donadieu (10e). Trente-huit citoyens issus de la société civile y ont appris le métier de gendarme. Photo valérie vrel

Une session de formation des futurs gendarmes réservistes s'est tenue à la caserne Donadieu (10e). Trente-huit citoyens issus de la société civile y ont appris le métier de gendarme. Photo valérie vrel Par un étonnant concours de circonstances, au moment même où se déroulaient les événements tragiques de La Valentine et de la Croix-Rouge, une importante session de formation des futurs gendarmes réservistes débutait à la caserne Donadieu, 171, avenue de Toulon (10e). Depuis la semaine dernière et jusqu'à demain, 38 citoyens issus de la société civile y apprennent en effet le métier de gendarme afin de venir en appui des 1 128 personnels d'active présents dans le département ; l'objectif de l'état-major étant de disposer d'un "réservoir" de 650 réservistes avant la fin de l'année prochaine. Cet objectif pourrait d'ailleurs être atteint bien plus tôt que prévu, tant la succession d'attentats meurtriers qui ont touché la France et l'Europe semble susciter un immense élan citoyen, notamment auprès des plus jeunes.

Se servir d'une arme

C'est le cas de Manon, Leva, Clara, Lucas et Cécile, âgés de 18 à 29 ans qui n'ont pas hésité à sacrifier une partie de leur temps d'étudiant en droit, de lycéen, de serveur, de technicien en réseaux et télécommunications ou encore d'éducateur sportif, pour rejoindre cette arme prestigieuse, mobilisables entre 30 et 150 jours par an selon leur disponibilité. "L'attentat de Nice a été le facteur déclenchant. Je ne pouvais pas rester indifférente à tout cela", explique Cécile Rebua, auto-entrepreneur à Marseille qui avec ses camarades de promotion, enchaîne les cours théoriques et les exercices pratiques, encadrés par le capitaine Christophe Monier, leur directeur de stage, lui-même enseignant dans le "civil". Son crédo: "Transformer un citoyen volontaire en réserviste opérationnel avec une triple formation générale, militaire et professionnelle", ce qui suppose notamment d'apprendre à se servir d'une arme ; un volet de la formation loin d'être anodin, surtout dans le contexte actuel.

"Le plus important c'est de garder son sang-froid et sa lucidité"

Comme le souligne le colonel Benoît Ferrand, commandant du groupement des Bouches- du-Rhône de la région de gendarmerie de Provence Alpes Côte d'Azur, "notre discours vis-à-vis de nos stagiaires, est très clair : quel que soit le service auquel vous serez affecté, vous devrez toujours avoir à l'esprit que vous pourrez être amené à gérer le pire, et par conséquent, vous devez vous mettre dès à présent dans cette posture psychologique. Nous insistons aussi sur le fait qu'avant d'agir ou de tenter quoi que ce soit, le plus important est de comprendre ce qui se passe, d'analyser la situation certes rapidement mais en gardant son sang-froid et sa lucidité. Un conducteur peut faire un malaise, s'effondrer sur son volant et foncer sur un abribus ou sur la terrasse d'un restaurant sans pour autant être un terroriste." Pour le général Michel Pidoux, commandant en second la région de gendarmerie Paca, "notre travail de formation de nos réservistes vise à leur donner les armes, à tous les sens du terme, pour qu'ils soient prêts à parer à toute éventualité. Car... Source et suite de l'article:  laprovence.com - par: Philippe Gallini