Réserve opérationnelle : quand des citoyens s’engagent chez les gendarmes

lbr

Ils sont étudiants, agriculteurs, retraités et constituent la réserve opérationnelle. Photo Rémy Beurion © Rémy BEURION

La réserve opérationnelle, chez les gendarmes, est un joyeux brassage de citoyens de tous bords. Parmi eux, certains goûtent au kaki et en font leur métier.
Garde-à-vous?! Qui aurait pensé que, dans l’œil de ce jeune agriculteur du Boischaut, se niche une fierté toute patriotique, d’embrasser le métier de gendarme à ses heures perdues, enfin pas perdues pour la nation en tout cas.
Car quand il ne traie pas ses vaches, avec ce large sourire en forme de rideau qui s’ouvre sur ses dents ultra-brite, Mickaël est réserviste depuis un an.

Patrice, 63 ans, côtoie Lucie, 29 ans

Il côtoie Patrice, enfin le major Ratero, 63 ans, gendarme en retraite que le métier n’a jamais quitté. Eux-mêmes s’exercent, ce samedi-là, avec Lucie, 29 ans, un autre grand sourire qui embrasse une future carrière : après des études de droit, la grande jeune femme plonge dans la réserve opérationnelle Une « vieille » idée de 2005, lors des attentats de Londres. La petite musique militaire la suit et, au concours de la gendarmerie, elle se classe brillamment 24e sur 2.500. Montluçon l’attend pour son premier poste. C’est ce qui s’appelle transformer l’essai.

162 réservistes dans le Cher

Ce classement fait la fierté du lieutenant-colonel Maucourant, conseiller réserve du groupement de gendarmerie du Cher. Cet homme pragmatique gère, avec la jeune Carine Potot, gendarme adjointe volontaire et responsable de la cellule réserve, 162 réservistes : trente-cinq hommes, 127 femmes. L’objectif : 233 têtes sous des képis en 2018 dans le Cher. Citoyens volontaires, sortez des rangs?!
C’est fabuleux. Ouvrier, étudiant, ingénieur, fonctionnaires, employés, anciens militaires, cadres… Ce brassage ingénieux de la population rappelle la philosophie de la conscription, pour les nostalgiques du service militaire.
Tsirahonana est beaucoup trop jeune pour en percevoir les frissons qui parcourent les anciens. Il porte avec élégance, la tenue kaki qui sied aux exercices. Mais, à 24 ans, cet élève ingénieur de l’Insa, un cerveau bac + 5, veut intégrer l’école des officiers de Melun. La réserve l’a inspiré. Une tronche chez les pandores n’a rien d’exceptionnel. Sans vanter la diversité des métiers dans la gendarmerie, Tsirahonana goûte à la réserve avant de comprendre, bon sang mais c’est bien sûr?! Le terrain, la sécurité, l’opérationnel, la confiance des civils, tout ça, c’est sa came.

Aussi formés aux armes

Le lieutenant-colonel aime ses recrues. Il pose sur eux un regard affectueux et paternaliste. Quand des citoyens veulent enfiler l’uniforme pour protéger leurs compatriotes, se sentir utile pour leur pays et compléter leurs fins de mois, il y a de quoi hisser les couleurs de bonheur. Les réservistes sont ainsi employés de cent jours par an, pour les plus disponibles, à 25 ou 30 jours, selon un planning rigoureux géré par Carine Potot. Les missions sont alléchantes : renfort de brigades, à l’escadron départemental de la sécurité routière, à la section recherches, au centre de gestion opérationnel (Corg), surveillance, contrôle, service d’ordre etc. Les réservistes ont droit à tout et c’est ce qui les attire.
En filigrane, le lieutenant-colonel sort les grands mots : garantie de courage, de loyauté, de droiture, de respect de son prochain. Les réservistes sont formés à tout, au maniement d’une arme, à la maîtrise d’un suspect qu’il faut menotter. De quoi transformer un engagement en vocation. Son temps libre en action. Ses week-ends en engagement citoyen. C’est le but de la réserve opérationnelle.
Reste à trouver, d’ici 2018, 70 volontaires supplémentaires pour arriver à l’objectif fixé dans le département. En 2016, il y a déjà eu, deux fois plus d’engagement qu’en 2015. De quoi rassurer les gendarmes et les civils qui, à travers cette réserve opérationnelle, créditent leur envie de protection.
Rémy Beurion Source de l'article: LeBerry.fr