Police de sécurité du quotidien : un test dans les Villes sœurs

Les uniformes donnent le sourire. En tout cas sur le marché. Jeudi 19 avril, à Mers-les-Bains, les camelots ont volontiers taillé une bavette avec les gendarmes. C’est même le but recherché. «  On papote, on parle de tout et de rien, de la météo souvent. Puis les gens nous posent des questions, nous racontent aussi des choses  », indique la cheffe Credeville.

Elle fait partie des militaires de la brigade territoriale du Tréport (qui en compte 38), volontaires pour tester le dispositif de sécurité du quotidien. Ils sont quatre « d’active » et autant de réservistes à former ce qu’ils appellent un groupe de contact.

Lancée le 3 avril, l’expérimentation doit durer six mois à l’échelle des trois villes sœurs (Eu, Le Tréport et Mers-les-Bains).

« En nous voyant au plus près, les gens s’ouvrent et nous glissent même de précieuses informations sans s’en rendre compte »

L’objectif est clair : (re)créer du lien avec la population. «  Moi, je suis entrée en gendarmerie pour ce contact. Force est de constater que quand on est débordé de boulot, on ne peut pas toujours le faire. Avoir un groupe dédié est une opportunité  », confie la cheffe Credeville. «  Et en plus, elle fait ça avec le sourire  », apprécient Didier Leulier et Jean-François Peugret. Tout en gardant un œil, l’un sur la rôtisserie, l’autre sur ses vêtements pour enfants, ils prennent le temps de discuter, de se raconter. «  À l’ancienne  », comme ils disent. «  Les gendarmes, qu’on ne voyait plus que pour nous verbaliser, reviennent vers nous  ». Les camelots voient aussi dans cette présence un côté «  rassurant  », «  dissuasif  » pour quiconque serait tenté par le vol à l’étalage.

Cette nouvelle approche est basée sur la prévention. «  Les gens ont oublié que cela faisait aussi partie de notre boulot, ils sont même surpris qu’on aille vers eux  », constate la cheffe Credeville. Le groupe de contact est exclusivement dédié à cette mission. Et effectivement, on les croise partout ces gendarmes : à la brocante du dimanche, à la manif de la CGT, au carnaval des écoles du Tréport… Mercredi dans un secteur résidentiel à Eu. «  Avec ce soleil, fenêtres et portes étaient ouvertes, les gens dehors, la discussion s’engageait facilement », souligne le gendarme réserviste. «  À pied, le simple bonjour crée le contact. C’est complètement différent d’une patrouille en voiture  ». La cheffe Credeville appuyant : «  En nous voyant au plus près, les gens s’ouvrent et nous glissent même de précieuses informations sans s’en rendre compte  ».

Ce jeudi 19 avril, les gendarmes patrouillaient avec les ASVP (agents de surveillant de la voie publique). Des contacts entre les deux parties sont aussi à renouer. Jean-Claude Boukhari s’en trouve ravi. Il confirme les propos des militaires : «  Moi je pratique la patrouille pédestre à 80 %. Je discute, j’écoute. Et ensuite je rapporte les éventuels problèmes en mairie. Ces échanges sont toujours très enrichissants  ».

À savoir

Le ministre de l’Intérieur a lancé officiellement la police de sécurité du quotidien le 8 février 2018 à Paris. Les premières expérimentations ont débuté au cours du premier trimestre 2018.

L’action dite PSQ est ciblée sur trente quartiers de reconquête républicaine et vingt départements ; s’y ajoutent 250 unités de contact comme celle de la brigade territoriale du Tréport.

Hallencourt, qui fait partie des annonces ministérielles, devrait intégrer une « brigade territoriale de contact », expérimentale, d’ici cet été.

L’idée de créer des unités dédiées est partie d’un constat :

Source et article complet: courrier-picard.fr - Par Anne-Marie Quemener