Perpétuité requise contre un ex-gendarme réserviste accusé de deux meurtres

La réclusion à perpétuité a été requise contre un ex-gendarme réserviste accusé de deux meurtres à six ans d'intervalle.
La réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 18 ans a été requise jeudi devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, contre un ex-gendarme réserviste jugé pour l'assassinat et le meurtre de deux femmes à Marseille, à six ans d'intervalle.   Pour l'avocat général Pierre Cortès, l'accusé Abdelkader Amrani, 45 ans, à l'époque employé de la Ville de Marseille, «n'est pas seulement un détraqué sexuel mais il est aussi un tueur jouissif». Alors que l'accusé, qui nie farouchement ces deux meurtres, avait crié au racisme, l'avocat général a conclu son réquisitoire en lui lançant : «La vraie race dont vous faites partie, est celle des assassins !».  

Un premier meurtre éclairci grâce au deuxième

  Le 29 juin 2012, les marins-pompiers découvraient le corps nu de Marina Ciampi, 52 ans, étouffée sur son lit, un sac plastique sur la tête maintenu par un cordon de sèche-cheveux autour du cou. L'enquête conduisait à Abdelkader Amrani, en contact avec la victime sur un site de rencontres depuis le 21 juin, où avait choisi le surnom de «Cruchot», le célèbre «gendarme de Saint-Tropez» immortalisé par Louis de Funès. Son ADN avait été découvert sous les ongles de la victime et dans son appartement.
  Lors de sa garde à vue, début octobre 2012, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques faisait apparaître que l'ADN d'Abdelkader Amrani «matchait» avec un ADN inconnu prélevé sur les ongles d'Henriette Bernardi, 68 ans, découverte morte à son domicile, six ans plus tôt, en avril 2006, une mort demeurée inexpliquée. La victime avait été étranglée et une paire de collants avait été enfoncée dans sa gorge, maintenue par une ceinture de peignoir. Une pince à linge lui obstruait le nez.  

La défense plaidera l'acquittement

  Deux femmes d'une même tranche d'âge vivant seule, une paire de collants et une pince à linge découvertes sur les deux scènes de crime, «c'est une signature criminelle», a observé l'avocat général dépeignant l'accusé comme un criminel froid et calculateur. Abdelkader Amrani aurait tué Marina Ciampi, mû par «une haine sourde, une volonté de se venger de cette femme» qui refusait de le rencontrer après des jours de discussion sur le site de rencontres, a estimé l'avocat général.   La défense de l'accusé, Mes Sondra Tabarki et Patrice Reviron, devait plaider l'acquittement d'Abdelkader Amrani, estimant que l'examen de la téléphonie de leur client exclut qu'il se soit trouvé sur les lieux du meurtre de Marina Ciampi. Ils invoquent également l'absence de son ADN sur le cordon du sèche-cheveux où celui d'un autre homme, un compagnon de la victime, a été découvert. Ce dernier a expliqué qu'ayant vécu un an et demi chez elle, il avait manipulé le sèche-cheveux.   Le verdict est attendu vendredi.
Source de l'article:  Leparisien.fr avec AFP - photo: LP / ARNAUD JOURNOIS