Orly : l’arme dérobée à une patrouille Sentinelle était-elle chargée?

militaire Sentinelle

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DÉFENSE - "Un homme a dérobé une arme à un militaire de Sentinelle (qui était en fait une militaire de l'armée de l'air, ndlr) puis s'est réfugié dans un commerce de l'aéroport à proximité avant d'être abattu par les forces de sécurité", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur. Selon L'Express, l'agresseur a été sommé de déposer son arme. Refusant d'obtempérer, il a été abattu par les militaires.
L'assaillant n'a donc pas pu se servir de l'arme qu'il venait de saisir. La première question qui découle de cet événement est la suivante: celle-ci était elle chargée?
En 2015, le journaliste spécialisé Défense de Ouest France, Philippe Chapleau, avait détaillé l'arsenal des militaires déployés dans le cadre des missions Vigi-Pirate. Et contrairement à une idée répandue, les armes sont bien approvisionnées.
Dans le détail, les soldats sont équipés de deux armes à feu. Un pistolet automatique et un fusil d'assaut. La première arme, dite d'accompagnement, est un "9 mm Para" (9×19 mm Parabellum), chargé en munitions de 9mm. L'arme principale est le fameux Famas. Ce fusil d'assaut français est garni d'un chargeur contenant 20 cartouches de 5,56mm.
En revanche, comme l'expliquait le quotidien régional, le Famas n'est pas littéralement chargé. C'est à dire qu'il n'y a pas de cartouche logée dans la chambre. Pour ouvrir le feu, celui qui tient l'arme doit "amener le levier d'armement sur l'arrière et le relâcher sans l'accompagner", détaille Philippe Chapleau. Un militaire peut-il se faire voler son arme? Les conditions dans lesquelles cet événement s'est produit ne sont pas tout à fait claires. Reste que la possibilité de voler son arme à un militaire en fonction a de quoi interroger. Selon Le Parisien, "l'homme s'est jeté sur une femme de la patrouille militaire et a saisi son fusil Famas". Selon Jean-Yves Le Drian, la patrouille Sentinelle qui a été prise pour cible appartient au corps de l'armée de l'air. Elle était composée d'un aviateur, d'un réserviste et d'une aviatrice. C'est cette dernière qui a été agressée par l'assaillant. Théoriquement, il apparaît impossible de se saisir de l'arme d'un militaire, tant en raison de son harnachement que de la formation aux "clés de bras" que les soldats reçoivent avant d'être déployés. Selon un témoin cité par l'AFP, l'assaillant "tenait en otage une militaire, il la tenait par le cou, et il menaçait les deux autres militaires avec le fusil de la femme" qu'il tentait... Source de l'article: huffingtonpost.fr - par: Romain Herreros - photo: Eric Gaillard / Reuters