On ne peut pas se passer de la réserve Gendarmerie

ladepeche06112016 La réserve opérationnelle est devenue indispensable au bon fonctionnement des unités de gendarmerie du Gers, souligne le colonel Olivier Detcheberry. Le commandant de groupement espère recruter encore une centaine de civils. C'est jour de marché à Lectoure. Un vendredi synonyme de grande affluence... et qui peut aussi attirer pickpockets, voleurs à la roulotte ou même des cambrioleurs qui n'hésitent pas, on le sait, à passer à l'action en plein jour. La communauté de brigades de Fleurance met régulièrement des patrouilles sur le terrain. Des missions de prévention et de protection auxquelles des réservistes sont souvent associés. «La réserve opérationnelle est quelque chose qui est devenu indispensable pour le fonctionnement des unités de gendarmerie», reconnaît le lieutenant-colonel Olivier Detcheberry. Pour étayer son propos, le commandant du groupement met ces deux chiffres en perspective : «Dans le Gers, j'ai 340 gendarmes actifs et 130 personnels de la réserve». Qui sont-ils ? «Des personnels civils qui font une démarche pour devenir réserviste. On les choisit et on les forme. On recrute aussi d'anciens militaires des armées de Terre, Air ou Mer ainsi que des gendarmes retraités. En servant sous la réserve opérationnelle, ils conservent leur grade.»  
Parce qu'ils «ne sont pas tous disponibles au même moment et que je n'ai pas de quotas s'agissant de la réserve opérationnelle, je peux en recruter 100 de plus.»

On leur fait confiance

Aujourd'hui, le renfort de la réserve opérationnelle pèse entre 200 et 250 journées par mois. «Les réservistes de la gendarmerie ont des prérogatives d'agent de police judiciaire adjoint. Ils peuvent constater des infractions sous l'autorité d'un OPJ», rappelle le colonel Detcheberry. Voilà pourquoi, chaque jour dans le Gers, on peut croiser de 6 à 10 militaires réservistes sur une opération de sécurité routière, sur des missions d'ordre public ou de prévention des atteintes aux biens. L'officier cite en exemple le dispositif mis en place au mois d'août pour le festival de Marciac. «Une dizaine de réservistes ont effectué un travail remarquable, aux côtés des militaires de l'opération Sentinelle et des personnels actifs de la gendarmerie.» Pour preuve de la confiance accordée par la hiérarchie de la gendarmerie à ses réservistes, le colonel cite la cellule technique d'aide à la sécurisation des établissements scolaires. «Elle est constituée de 12 membres, tous réservistes, et est dirigée par un ancien officier de l'escadron parachutiste, une unité jumelée au GIGN.» Les réservistes travaillent sous contrat... mais sans trop de contraintes. «Le premier contrat est de 1 an et on peut le renouveler pour une durée de 3 ans. Le réserviste peut dénoncer son contrat quand il veut, le suspendre temporairement.» Si vous souhaitez postuler, rien de plus simple : connectez-vous sur www.minotaur.fr. Après l'attentat de Nice, le site Minot@ur a enregistré une forte hausse de visiteurs. Le recrutement de réservistes étant permanent, le colonel Detcheberry espère des jeunes, notamment. «On leur offre la possibilité de vivre une expérience humaine et professionnelle valorisante, d'être utiles et de rendre service.»

Les conditions pour postuler

Pour faire partie de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, il faut remplir quelques conditions : - être de nationalité française - avoir au moins 17 ans - avoir satisfait à l'obligation du service national (avoir participé à la JAPD, la journée d'appel de préparation à la Défense devenue la JDC, la journée Défense Citoyenneté) - avoir une bonne aptitude physique - être apte moralement et psychologiquement (le postulant passe des tests psycho-techniques) - avoir un casier judiciaire vierge - être détenteur du diplôme de gendarme adjoint de réserve qui s'obtient à l'issue de la formation. La formation Il existe deux modules de formation : la PMG (préparation militaire gendarmerie) dure 15 jours et il n'y a pas de diplôme exigé pour la suivre; la PMSG (préparation militaire supérieure gendarmerie) se déroule pendant 25 jours, à l'école nationale des officiers de Melun, le bac est requis. La rémunération Elle varie en fonction du grade. Un réserviste militaire du rang perçoit 53€ par jour... et jusqu'à 107€ par jour pour un major. Pour les officiers, cela va de 68€/jour pour un aspirant à 183€/jour pour un colonel. Les indemnités de déplacement et de repas s'ajoutent au salaire. Un réserviste de la gendarmerie peut travailler 60 jours par an au maximum... une durée qui peut être prolongée exceptionnellement jusqu'à 90 jours, par exemple en cas d'état d'urgence.
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