Marion Maréchal-Le Pen refusée dans la réserve opérationnelle

réserve opérationnelle ?

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Ce vendredi, Marion Maréchal-Le Pen a reçu un mail pour le moins étonnant de la part du chef de corps du Groupement de recrutement et de sélection Sud-Est.

Juste après l’assassinat du père Hamel, Marion Maréchal-Le Pen avait annoncé vouloir entrer dans la réserve militaire, appelant tous les « jeune patriotes » à faire de même, comme l’avait également demandé François Hollande après l’attentat de Nice. Le 9 septembre dernier, Le Dauphiné libéré affirmait que la jeune députée frontiste avait déposé son dossier au centre de recrutement de l’armée d’Avignon, et c’est justement lundi prochain qu’elle devait passer les tests. Mais ce vendredi, Marion Maréchal-Le Pen a reçu un mail pour le moins étonnant de la part du chef de corps du Groupement de recrutement et de sélection Sud-Est : « Madame, l’armée de Terre vous remercie de votre démarche d’engagement dans les armées au titre de la réserve. Je suis toutefois au regret de vous annoncer qu’une disposition légale s’oppose au recrutement d’un parlementaire dans la réserve opérationnelle. Vous en serez avisée par courrier prochainement. Nous ne pouvons dans ces conditions pas donner suite à votre candidature et les termes de votre convocation lundi 6 février sont par conséquent caducs. » Étonnant, d’abord, que l’objection à une demande aussi médiatisée n’ait pas pu être faite avant, et même immédiatement. Certains, qui connaissent le ministère de la Défense, commentent discrètement : « Ils ont dû demander au service juridique de se creuser la tête pour trouver une parade et avaient donc besoin de temps ! » Plus étonnant, encore, que le site Zone militaire, opex 360, a priori bien renseigné, affirme l’inverse dans les lignes suivantes, publiées en juillet dernier : « Être parlementaire et réserviste opérationnel n’est pas incompatible, bien au contraire. Le Président Jacques Chirac, par exemple, avait été promu colonel de réserve de l’arme blindée cavalerie en 1993 par un décret signé par son prédécesseur à l’Élysée, François Mitterrand. Le sénateur Jean-Marie Bockel est colonel de réserve de l’armée de terre, affecté à la Brigade franco-allemande (BFA). Enfin, le député (PS) Nicolas Bays, vice-président de la commission de la Défense, a participé en 2013 à l’exercice Steadfast Jazz de l’OTAN, au sein du « Knowledge Center », en tant que commandant de la réserve opérationnelle. » Libération écrivait d’ailleurs de son côté : « Marion Maréchal-Le Pen, si elle rejoint la réserve militaire comme elle le souhaite, ne serait pas la première membre du Parlement à le faire. Elle rejoindrait dans les rangs Nicolas Bays, député socialiste et commandant de la réserve opérationnelle dans l’armée de Terre, ou Loïc Hervé, sénateur UDI de Haute-Savoie faisant partie de la réserve de la Marine nationale. »
Mais même Libération peut se tromper, et on pourrait penser que ces parlementaires bénéficiaient d’une disposition ayant été, depuis, modifiée. Reste donc à se pencher du côté des textes. Or, l’article L.46 alinéa 2 du Code électoral semble très clair : « Les fonctions de militaire de carrière ou assimilé, en activité de service ou servant au-delà de la durée légale, sont incompatibles avec les mandats qui font l’objet du livre I. Ces dispositions ne sont pas applicables au réserviste exerçant une activité en vertu d’un engagement à servir dans la réserve opérationnelle ou au titre de la disponibilité. Toutefois, le réserviste de la gendarmerie nationale ne peut exercer cette activité au sein de sa circonscription. » Il va donc falloir que l’armée explique son refus plus en détail, sauf à vouloir laisser imaginer qu’une décision politique empêche une jeune citoyenne française de servir son pays en raison des idées qu’elle défend par ailleurs. Une décision qui apparaîtrait pour beaucoup comme particulièrement choquante le jour où un militaire français était agressé par l’un de ces « fous d’Allah », à Paris. Source de l'article: bvoltaire.fr -