Malaise après le suicide d’un garde républicain à Matignon

Retrouvé lundi matin près de son arme de service, il est le 31e gendarme ayant mis fin à ses jours depuis janvier, contre 17 en 2017.

Le lieu est exceptionnel mais l'événement lui-même est tristement banal. Lundi, vers 9 h 30, le corps sans vie d'un gendarme de la garde républicaine a été retrouvé dans les jardins de Matignon, son arme de service, avec laquelle il s'est visiblement donné la mort, à ses côtés. Une enquête en recherche des causes de la mort a été confiée par le parquet de Paris à l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).

Selon le magazine L'Essor de la gendarmerie nationale, il s'agirait du 31e gendarme ayant mis fin à ses jours depuis le 1er janvier (contre 25 en 2016 et 17 en 2017). Le 30e suicide ne remontait qu'au 31 octobre, quand, à Évry, un gendarme s'était tué avec son arme de service sur son lieu de travail.

Le garde républicain de Matignon était, selon les services du premier ministre, affecté aux services de vidéosurveillance du commandement militaire. Âgé de 45 ans, il était marié et père de deux enfants. Matignon a précisé dans un communiqué de presse que, actuellement en déplacement en Nouvelle-Calédonie, le premier ministre, Édouard Philippe, avait adressé à la famille du défunt «ses plus sincères condoléances» et «tenu à exprimer son soutien aux camarades du gendarme décédé ainsi qu'à l'ensemble du personnel de Matignon».

Fatigue morale et physique

Hier en fin de journée, les motivations du garde républicain demeuraient inconnues. Sans qu'un lien puisse être pour l'heure établi entre le drame et cette démarche, le 29 août dernier, des gendarmes de la compagnie de sécurité de l'hôtel Matignon s'étaient adressés anonymement à leur hiérarchie. Dans ce courrier, ils dénonçaient «la dégradation de leurs conditions de travail» et ses répercussions sur leur vie de famille. Ils évoquaient aussi «un profond malaise […] depuis plusieurs mois» et «une trop grande fatigue morale et physique liée à une surcharge de travail sans cesse croissante».

Les auteurs du courrier reconnaissaient le caractère inhabituel de leur démarche mais précisaient être arrivés «à un point de non-retour». Après cette lettre, une mission d'évaluation interne avait été diligentée par le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), le général Richard Lizurey, auprès de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale. Après la remise des conclusions de cette mission au DGGN, des mesures devraient être prochainement annoncées.

Selon L'Essor, le garde républicain retrouvé dans les jardins de Matignon ne faisait pas partie de la compagnie de sécurité et n'aurait donc pas été entendu dans le cadre de cette mission d'évaluation.

Source et suite de l'article: LeFigaro.fr - Par: Jean Chichizola - Photo: François BOUCHON/Le Figaro