Macron pose les bases de son service national universel

En dépit des oppositions, le chef de l'Etat maintient son projet de création de service national pour tous les jeunes, avec une première étape en 2019. Le dispositif nécessitera un investissement de 1,75 milliard d'euros, et coûtera 1,6 milliard par an à l'horizon 2027.

C'est une promesse de campagne restée dans le brouillard depuis un an. Le gouvernement a décidé de remettre ce mercredi sous la lumière des projecteurs  le service national universel (SNU) tant voulu par Emmanuel Macron,  en officialisant son lancement . Un lancement à mèche lente : il y aura une consultation nationale cet automne, puis un premier essai dès le début 2019 pour aller vers une montée en puissance progressive d'un dispositif défendu bec et ongles par le président de la République au nom de la nécessaire réhabilitation de certaines valeurs, dont l'engagement.

Universel et obligatoire

Face aux nombreuses levées de boucliers que le projet a jusqu'à présent suscitées, Emmanuel Macron est prêt à de nombreux compromis sauf sur deux principes. Universel et obligatoire, ce service concernera tous les jeunes, filles et garçons, de 16 ans. Toutefois, faute de disposer rapidement des infrastructures et du personnel encadrant (à terme 20.000 volontaires, en faisant appel en priorité aux militaires, réservistes, gendarmes, garde nationale), le gouvernement se donne jusqu'à sept ans pour atteindre toute une classe d'âge. Ce service d'un mois sera complété par une période d'engagement volontaire d'au moins trois mois réalisable pour les jeunes entre 16 et 25 ans.

Toute la difficulté du dispositif est d'en limiter le coût alors qu'il s'annonce lourd à gérer. Mis en place par l'exécutif, le groupe de travail dirigé par le général Daniel Ménaouine prône une période de quinze jours en internat afin d'atteindre les objectifs de brassage social et territorial. Elle se répartirait sur les diverses périodes de vacances scolaires. C'est la solution la plus réaliste pour imaginer loger à terme une classe entière de jeunes (800.000 personnes) ce qui suppose de mobiliser 80.000 lits sur plusieurs mois, sans réaliser de nouvelles infrastructures. « Centres de loisir, logements étudiants, internats, casernes, hébergements divers et variés, tout a été passé sous revue et c'est jouable », confie un participant au groupe de travail.

Au total, le rapport du groupe de travail conclut à un budget de construction de l'ordre de 1,75 milliard d'euros sur sept ans. Le coût de fonctionnement est pour sa part estimé à 1,6 milliard par an en rythme de croisière, là encore à l'horizon 2027. Encore faut-il ajouter que ce chiffre n'inclut pas le coût associé à la phase volontaire du dispositif. « Le coût budgétaire total ne devrait pas dépasser quelques milliards d'euros », tente de rassurer le groupe de travail dans son rapport.

Levées de boucliers

Au-delà des difficultés budgétaires, le projet a également été très mal accueilli par l'armée soucieuse de préserver son budget, un corps enseignant déjà très sollicité, et des syndicats étudiants mobilisés contre son caractère contraignant. La consultation lancée cet automne doit tenter de rassurer tout le monde. Seront concernés les associations de jeunesse, mais aussi celles de parents, les syndicats d'enseignants, les entreprises ou encore les collectivités. A l'intérieur...

Source et suite de l'article: Les Echos - Par Anne Bauer - @IsabelleFicek