Lieutenant-colonel Hervé : « La cybersécurité restera une priorité nationale »

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Le point sur l’essor des formations et des emplois dans le domaine de la défense en cas d’attaque informatique, avec un porte-parole du ministère de la défense.

Banque, transports, télécoms, énergie : avec la numérisation des entreprises, tous les secteurs sont désormais concernés par les enjeux de cybersécurité. Entretien avec le lieutenant-colonel Hervé, responsable du pôle innovation et ressources du Comcyber, commandement opérationnel de cyberdéfense du ministère de la défense.

Quels sont les besoins en emploi dans le domaine de la cybersécurité au sein des entreprises publiques, privées et du ministère de la défense ?

Etant donné la forte augmentation des cybermenaces, la numérisation croissante de notre société et l’importance accordée à ce domaine, les besoins vont croissant, au sein des administrations comme dans le privé. La cyberdéfense devient pour l’Etat un enjeu de souveraineté et pour les entreprises un enjeu économique, pour protéger leur savoir-faire et leur outil de production. Au sein du ministère, les effectifs de la cyberdéfense ont doublé en cinq ans et continueront d’augmenter : la création du commandement de cyberdéfense, annoncée en décembre 2016, capable de mener des opérations militaires dans l’espace numérique, témoigne d’un besoin fort de concentrer nos efforts et nos moyens dans une structure unique. Quelque 2 600 « combattants numériques » seront employés d’ici à 2019 sur le territoire, épaulés par 4 400 réservistes de la réserve de cyberdéfense.

La France semble n’avoir compris que tardivement les enjeux de la formation d’experts en cybersécurité. Pourquoi ?

La France a bénéficié d’un plan global en matière de cybersécurité et de formation d’experts ces dernières années. Même si structurer la recherche et la formation n’est pas le rôle premier du ministère de la défense, nous travaillons conjointement avec les autres ministères et l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) pour développer la formation et la recherche en cyberdéfense. La création, en 2014, du pôle d’excellence cyber, le développement de son pilier formation témoignent du fort investissement consenti par le ministère de la défense pour former des experts en cybersécurité. Grâce à cette structure, ce sont plusieurs milliers d’ingénieurs qui, chaque année, sont sensibilisés et formés. Le ministère a également développé ses propres formations dans ses écoles, comme, par exemple, la création d’un BTS à Saint-Cyr-l’Ecole ou l’intégration de modules spécialisés à l’Ecole des transmissions. Au niveau national, beaucoup d’universités et d’écoles se sont dotées d’une formation en cybersécurité.

Comment travaillez-vous avec les écoles d’ingénieurs spécialisées en cyberdéfense ?

La réserve de cyberdéfense, lancée au mois de mai 2016, est un moyen pour nous de collaborer avec les écoles d’ingénieurs françaises. C’est un lien que nous créons avec les étudiants qui intègrent la réserve. Certaines écoles, comme l’Epita [Ecole pour l’informatique et les techniques avancées, au Kremlin-Bicêtre] par exemple, participent à nos exercices.

Comment le secteur de la cybersécurité va-t-il évoluer dans les années à venir ?

La cybersécurité restera une priorité nationale. Elle demeurera un enjeu stratégique pour le secteur privé : les entreprises devront continuer à investir dans le domaine pour maintenir leur sécurité. Et le secteur public doit... Source et articlecomplet: LeMonde - par Marine Miller