Les réservistes affluent à la gendarmerie du Val-d’Oise

vo-leparisien Les réservistes sont envoyés sur le terrain aux côtés des gendarmes permanents pour marquer la présence des forces de l’ordre sur le terrain. Pas moins de 51 personnes ont intégré la réserve opérationnelle du groupement de gendarmerie du Val-d’Oise depuis la fin du mois de juillet. À la même époque, les années précédentes, ils étaient une trentaine. « Là on explose tous les compteurs », témoigne le major chargé des recrutements. « Les attaques terroristes ont engendré une prise de conscience, ajoute le lieutenant-colonel Alain Grandjean. Et ça a permis de faire connaître la réserve. » Les réservistes sont des personnes issues de la société civile qui se portent volontaires pour aider l’armée ou la police, jusqu’à 60 jours par an. Après avoir rempli un dossier, passé une visite médicale et des tests psychotechniques, ils suivent une formation de quinze jours avant de prendre leur service. Ce jour-là, ils sont sept réservistes à partir en patrouille dans le département. Répartis dans deux véhicules, ils vont renforcer sur le terrain les militaires des unités « d’active » (les gendarmes permanents) pour faire du contrôle routier et de la lutte anti-cambriolage. « L’avantage, c’est que ça permet de bleuir le terrain sur les zones où on doit être présents, souligne le lieutenant-colonel Grandjean. Pour l’arrivée du Tour de France, on avait 50 réservistes sur les 100 gendarmes déployés. Sans eux, on aurait du mal à assurer toutes nos missions. » Si la constatation d’infractions graves nécessite la présence de gendarmes d’active, rien sur le terrain ne permet de distinguer les réservistes de ces derniers. Le temps de se préparer et s’équiper avec un pistolet, des menottes, un bâton télescopique et un gilet pare-balles, les voilà sur les routes à alterner patrouilles à pied et en voiture. À L’Isle-Adam, ils croisent une bouche d’égout qui dégage une fumée suspecte. « Il semblerait que ce soit un mégot qui a mis le feu à des feuilles mortes », indique Jean*, capitaine de réserve et responsable du petit groupe. Ils sollicitent un commerçant pour remplir quelques seaux d’eau et reprennent la route. Jean a rejoint la réserve opérationnelle en 2002. « Je voulais m’engager dans l’armée au début, mais j’ai continué mes études de mathématiques financières », confie-t-il. À 33 ans, le voilà aujourd’hui analyste réglementaire dans une banque. C’est son 35e jour de mission cette année. Mike*, lui, est réserviste depuis 2015. Mais il espère bientôt intégrer l’active, en passant le concours de sous-officier. Quand il n’est pas en bleu, il est agent de sécurité. Sa vocation est venue à 29 ans, trop tard pour s’engager. « Depuis que je suis tout petit, j’aime les forces de l’ordre, aider les populations et combattre ceux qui sont impunis », indique-t-il. À la mairie de Parmain, ils rejoignent une autre équipe en plein contrôle routier. Jean réclame les papiers du véhicule et relève que la carte grise est périmée. « Je lui délivre un papier qui lui permettra d’aller en chercher une nouvelle à la préfecture dans les sept jours », indique-t-il. Un collègue fait remarquer que la plaque d’immatriculation n’est pas très lisible. Ce sera un avertissement. « Il a déjà 90 € d’amende, on n’est pas là pour assommer les gens non plus », s’accordent-ils. * Les prénoms ont été modifiés. Source et suite de l'article: Le Parisien