les heures-sup illégales du vrai-faux gendarme et de sa petite amie

Vêtu de sa tenue de gendarme et accompagné de sa petite amie, un jeune réserviste contrôlait des véhicules en dehors de tout cadre légal. Il a été mis en examen.

Un jeune réserviste de la gendarmerie a été mis en examen après avoir procédé à des contrôles en dehors de tout cadre légal. Il avait même fourni un uniforme à sa petite amie qui l’accompagnait.

« Il voulait jouer au justicier, c’est du grand n’importe quoi », déplore, atterré, un gradé. Un jeune réserviste de la gendarmerie a été mis en examen, le 25 mai dernier, pour « port illégal d’un uniforme », confirme Florent Boura, le procureur de la République de Beauvais, ce vendredi. Le jeune homme de 19 ans, domicilié dans les environs de Méru, est aussi suspecté du vol de divers objets dans des brigades de gendarmerie.

Peu avant sa mise en examen, ce jeune homme de 19 ans, récemment engagé dans la réserve, avait été interpellé en compagnie de sa petite amie, mineure, sur un parking de Méru. Ils procédaient alors au contrôle de plusieurs véhicules, vêtus d’uniformes réglementaires. « En s’engageant, il avait reçu plusieurs uniformes de dotation, explique le procureur. Il en avait donné un à sa petite amie et ils procédaient ainsi à des contrôles en dehors de tout cadre légal. »

Sauf qu’à la fin du mois de mai, un automobiliste, fils de gendarme, s’étonne de la jeunesse des deux militaires qui contrôlent son identité. Il contacte alors la gendarmerie de Méru. Et indique que son véhicule vient d’être inspecté par deux étranges gendarmes, soi-disant « à la recherche de stupéfiants ».

Rapidement sur les lieux, les gendarmes de Méru — les vrais ! — interpellent le jeune homme avec sa petite amie. L’enquête, confiée à la brigade de recherches de Méru, n’a pas réellement permis établir le mobile du jeune homme, qui faisait parfois fonctionner son Taser devant les automobilistes. « Nous n’avons pas eu connaissance de vols sur les automobilistes, précise Florent Boura. Il a dit vouloir lutter contre le trafic de drogue… » Mineure, sa complice a fait l’objet d’un rappel à la loi. Quant au jeune homme, sa carrière dans la gendarmerie est terminée. « Les gens contrôlés ont eu un bon réflexe, assure le colonel Brémand, patron des gendarmes de l’Oise. Il ne faut jamais hésiter à demander la carte professionnelle lors d’un contrôle ».

Source: Le Parisien - Par Vincent Gautronneau (avec F.C.) - Illustration: LP/Vincent Gautronneau