L’Ariège recrute des réservistes

ladepeche-ariege Un groupe de jeunes réservistes s'entraîne au tir au pistolet automatique lors d'une journée de formation. Après l'attentat de Nice, le chef de l'État annonçait la mobilisation de la réserve opérationnelle. En Ariège, le recours aux réservistes s'intensifie chez les gendarmes, tandis qu'au 1er RCP les recrutements ont augmenté de 15 %.
«La gendarmerie recrute», indique clairement le lieutenant-colonel Roland Chartier. Ce retraité gère les 129 réservistes, hommes et femmes, qui interviennent en renfort des 330 gendarmes d'active du département. «Dans le contexte actuel, devenir réserviste est un acte citoyen, reprend-il. Les budgets sont en augmentation, nous allons pouvoir accueillir plus de personnes. C'est l'occasion ou jamais.» En 2015, 2 385 jours réservistes avaient été comptabilisés dans le département. Depuis janvier, la gendarmerie en enregistre déjà presque autant, soit 2 291 journées. Un phénomène que le lieutenant-colonel Dominique Wanecque, chef du groupement de l'Ariège, explique par le renforcement des mesures de sécurité partout où elles sont nécessaires : «Il y a eu un besoin évident après Nice. Toutes les festivités ont nécessité des renforts. La rentrée scolaire a également été un gros volet». L'opération «tranquillité vacances», pendant l'été, a aussi occupé 59 % des 2 291 jours réservistes cités plus tôt. En Ariège, un tel engagement représente en moyenne 20 jours d'activité par personne et par an.

La formation n'est pas qu'un «vernis bleu»

Pour la population, aucune différence entre un militaire d'active et un réserviste. Avec un effectif composé à 45 % d'anciens gendarmes, 35 % de «purs civils» et 20 % d'anciens militaires de l'armée, «tout en œuvre pour créer une cohérence, insiste Roland Chartier. Bien sûr, les anciens, ceux qui ont 20 à 30 ans de métier, ne sont pas formés de la même façon que les jeunes civils. D'ailleurs nous veillons toujours à les faire opérer en binôme, ou avec des gendarmes pros». Au-delà de la préparation militaire générale (tir, intervention, procédures de contrôle…), la formation pour devenir réserviste n'est pas qu'un «vernis bleu», comme le précise le chef du groupement : «Nous leur enseignons un savoir-faire, mais aussi la déontologie et l'éthique. Deux termes qui nous tiennent à cœur car les réservistes sont le lien armée-nation». Avec des budgets en augmentation, de nouveaux centres de formation devraient prochainement voir le jour en région. Conditions pour rejoindre la réserve : être Français, avoir moins de 40 ans, satisfaire à des tests psychologiques, avoir un casier judiciaire vierge. Chaque journée de mobilisation est rémunérée : 50 € pour un militaire du rang, jusqu'à 150 € pour un gradé. «Je n'ai jamais vu un réserviste démissionner parce qu'il n'y trouvait pas son compte. Évidemment, il faut être disponible la semaine et le week-end. La motivation est essentielle», conclut le lieutenant-colonel Roland Chartier. Renseignements : sur internet, plateforme « min@utor » et permanence publique chaque jeudi à la gendarmerie de Foix. Source et suite de l'article: LaDepeche.fr