La grande escroquerie de la Garde nationale !

48e-rt Chaque fois que, en France, une Garde nationale a été mise sur pied, une révolution pointait son nez. François Hollande s’est engagé : une Garde nationale sera instituée pour défendre la France et les Français. Le pékin s’imaginait voir recruter et équiper les volontaires par dizaine de milliers, recréer les régiments dissous, former des cadres, repeindre les casernes à l’abandon et acquérir du matériel neuf. C’était trop beau. Et trop cher. Et surtout trop gênant. Chaque fois que, en France, une Garde nationale a été mise sur pied, une révolution pointait son nez. Alors la Garde nationale, oui, mais à moindres frais, et sous contrôle. La guerre contre le terrorisme, c’est comme les manifs ou la lutte contre le chômage. L’important, c’est le chiffre. Pour afficher un effectif dissuasif, on nous annonce un objectif de 72.000 hommes, voire 85.000 hommes ! Mais ce n’est qu’une addition gonflée à l’hélium des 53.000 réservistes déjà existants dans les trois armées et la gendarmerie, complétée des très anecdotiques réserves de la police nationale (un millier ?). Pour bien les distinguer des autres, tous ces gens porteront un insigne « Garde nationale », histoire de garder un œil sur eux, comme cela existe déjà dans la police, où les « réservistes » portent un rond de flan « réserve civile », très rarement observé dans la rue. Pour contrôler cette Garde nationale, une « réserve citoyenne »composée de civils recrutés au choix, sans aucune expérience militaire, affublés d’un galon d’officier, peut-être, sur ordre, convoquée dans la réserve opérationnelle, directement aux grades les plus élevés. Enfin, dernière mesure, les syndicats d’officiers de police sont en passe d’obtenir l’alignement de leurs grades sur ceux de l’armée de terre, cadeau d’adieu de leur patron, après des années de revendications, de réclamations, de frustrations. La création de deux nouveaux échelons (de salaire) viendront s’intercaler avant ceux de commissaire de police (7 échelons) et porteront des insignes de grade de lieutenant-colonel et colonel : le prestige de l’uniforme, sans les servitudes. La guerre, c’est tout bénef. La préoccupation du pouvoir, c’est de le conserver. Ce qu’il est en train de mettre en place n’est pas une nation qui se prépare à un affrontement, mais un régime qui entend se maintenir par la bureaucratie, quoi qu’il arrive. On s’achemine vers une Garde nationale aux ordres des préfets, entourée d’une armée mexicaine de grands officiers à plumes et à poil, parfaits pour animer les cocktails de sous-préfectures et les dîners en ville. Ces gens-là commanderont à une sorte de grand plat de nouilles à la macédoine mélangeant tout le monde en vrac : civils, militaires, premiers secours, bénévoles, aux ordres de n’importe qui, pour faire du grand n’importe quoi. Une organisation idéale dont chacun a mesuré l’efficacité redoutable lors des attaques subies depuis un an. En bref, ce fonctionnement a donné tant de satisfaction aux autorités qu’il va être généralisé à toute la France. Michel Onfray appelle complexe de Don Quichotte le déni d’un réel qui ne correspond plus à la construction mentale issue d’un trop lourd savoir livresque. En France, ce n’est plus un simple complexe, mais un syndrome généralisé. Enfin, heureusement, il existe un vieil adage militaire : « La fonction prime le grade. » Nous verrons peut-être de jeunes lieutenants frais émoulus de Saint-Cyr commander à de vieux colonels sans expérience ? Ce serait cocasse.   source de l'article: BoulevardVoltaire.fr Par Maxime de La Devèze
Éditorialiste
Saint-Cyrien, diplômé en droit et science politique