Guingamp. Les valeureux Poilus du 48e régiment d’infanterie

Avec près de 400 ans d’histoire, le régiment d’infanterie de Guingamp faisait partie des plus prestigieux de France. Plus de 2 000 soldats du Pays perdirent la vie lors de la guerre 14-18.

Chaque année, depuis près de 15 ans, une délégation de Guingampais se rend en Belgique, dans la région de la Sambre. Parmi eux, le général François Budet, très attaché au devoir de mémoire envers les centaines de soldats du 48e régiment d’infanterie de Guingamp, partis combattre les Allemands. Un devoir ravivé à l’occasion du centenaire du 11 novembre 1918, qui sera célébré dimanche.

Les 21, 22 et 23 août 1914, ils sont 608 à tenter d’empêcher les Allemands de franchir la rivière franco-belge : « Les hommes du 48e débarquent à 150 km du Val de Sambre. Ils parcourent la distance en marche forcée », précise le général François Budet.

532 morts en trois jours

Près de Charleroi et Namur, sous le commandement du colonel de Flotte et du général Lanrezac, ils s’installent dans les contreforts sud du Val. Le soir du 21 août, dans les champs de blé coupés, l’assaut est donné.« Les Français portent encore le pantalon garance (rouge), qui fait d’eux des cibles. Les Allemands, mieux équipés, disposent de mitrailleuses redoutables. » Chargeant à la baïonnette, 532 soldats du 48e RI meurent en trois jours, dont le colonel de Flotte.

Une victoire décisive

Une semaine plus tard, le 48e RI sera encore en première ligne, lors de la bataille de Guise. Les Allemands y seront repoussés : une victoire décisive pour la future bataille de la Marne, qui empêchera l’envahissement éclair de la France et la progression de l’ennemi vers Paris.

Deux faits d’armes qui en précèdent des dizaines d’autres : l’offensive d’Artois, les tranchées de Verdun, la Meuse… Quatre années de guerre faucheront 2 114 vies dans les rangs du 48e RI. La très grande majorité d’entre eux étaient des enfants du pays. Toute une jeunesse fauchée.

Décoré de la Croix de guerre

Pour sa bravoure, le régiment sera décoré de la Croix de guerre 1914-1918. Une haute distinction pour un régiment déjà parmi les plus prestigieux de France. Il fut créé en 1610, sous Henri IV, sous le nom de « régiment de Beaumont ». Il sera alternativement réformé, renommé, participera aux batailles napoléoniennes (Hohenlinden 1800, Austerlitz 1806), puis finira par tenir garnison permanente à Guingamp, dans la caserne de la Tour d’Auvergne, à partir de 1875.

Le régiment déménage

Durant un siècle, se noue « un lien fort entre le régiment et la population », estimait en 2010, pour les 400 ans de sa création, le colonel Pierre Michel, son dernier chef de corps. « Les militaires participaient activement à la vie économique et à l’animation de la cité. » Au gré des redéploiements de garnisons, le 48e RI sera redéployé à Rennes, en 1988, avant sa dissolution en 1998.

Un défilé dimanche

Du passage de ces hommes qui sacrifièrent leurs vies, il reste peu à Guingamp : « Le 48e RI disparaît de la mémoire, regrette le général François Budet. Il n’y a plus d’anciens, de moins en moins de réservistes. »Reste la caserne, aujourd’hui occupée par l’université, le dolmen, symbole du régiment, dont la devise était « Dur comme roc », et les monuments aux morts.

Ce dimanche, une vingtaine d’anciens réservistes du 48e RI défileront, en uniforme, dans les rues de Guingamp, pour...

Source et suite de l'article: Ouest-France.fr - Par: Fabrice BERNAY