La gendarmerie désormais accessible en un clic 24/24

La gendarmerie crée sa brigade numérique. Joignable par tous les usagers, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, elle a compétence sur tout le territoire pour répondre aux sollicitations non urgentes des internautes.

Une fenêtre apparaît sur la gauche de l’écran. Posté devant son ordinateur, le gendarme Mickaël vient de recevoir une nouvelle demande de « chat » (NDLR : discussion) en ligne. « Bonjour, comment puis-je vous aider ? » La conversation écrite s’engage au rythme des doigts du gendarme pianotant sur son clavier. L’internaute, qui vient de constater que le pare-chocs avant de son véhicule a été enfoncé dans la nuit, souhaite porter plainte. Après lui avoir demandé s’il est assuré, le gendarme l’invite à rédiger une préplainte en ligne et lui explique qu’il pourra ensuite « prendre rendez-vous avec le service de gendarmerie ou de police de son choix ».

Lancée ce mardi à Rennes, en Ille-et-Vilaine, la nouvelle brigade numérique de la gendarmerie nationale a pour objectif de répondre à toutes les sollicitations non urgentes (elle ne se substitue pas au 17, qui reste le numéro d’urgence) sur la sécurité du quotidien, que ce soit sur le Code de la route, les armes, les procurations, le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles. Mais aussi sur les drogues, la cybersécurité, la radicalisation ou l’intelligence économique etc..

Répondre à une population de plus en plus connectée

La brigade remplit à la fois une mission de renseignement, de prévention mais aussi d’orientation vers les télés services existants ou à venir (lire ci-dessous). « L’objectif est d’apporter une nouvelle offre de service en collant aux usages de la population de plus en plus connectée », affirme le Lieutenant-Colonel Rémy Nollet de la mission numérique de la gendarmerie nationale. La France est le troisième pays à se doter d’un tel dispositif, après les Pays-Bas et l’Angleterre récemment.

Cette brigade 2.0 fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. N’importe quel citoyen en France ou à l’étranger peut la contacter via son smartphone, sa tablette ou son ordinateur. Plusieurs canaux d’interaction sont possibles : le formulaire de contact et le chat en ligne sur le site Internet de la gendarmerie mais aussi Twitter ou Facebook Messenger. Le délai de réponse ne dépassera pas 24 heures pour les demandes les moins prioritaires.

Une référente pour les violences faites aux femmes

La brigade est composée de 20 gendarmes, tous volontaires. Ils ont été sélectionnés pour leur expérience du terrain, leurs compétences professionnelles et linguistiques. Parmi eux, le gendarme Céline, qui gérait jusqu’alors les appels du 17, sera référent pour les cas de violences faites aux femmes. « Certaines peuvent être plus rassurées de savoir que c’est une femme qui leur répond, explique-t-elle. Nous sommes là pour vérifier qu’elles ne sont pas en danger immédiat et les accompagner vers un dépôt de plainte éventuel. Notre rôle ne se limite pas uniquement à les renvoyer vers le 39 19 ce qu’aurait très bien pu faire un chatbot (NDLR : robot conversationnel). Il y a des vrais humains formés et expérimentés derrière les ordinateurs. »

Même si la brigade numérique n’a pas vocation à recevoir des plaintes, les agents détenteurs d’une habilitation judiciaire pourront néanmoins se saisir des faits constituant des infractions pénales et les transmettre au parquet si nécessaire.

Des sites de sécurité de plus en plus spécialisés Il existait déjà la plate-forme Pharos qui permet de signaler des faits illicites sur Internet, le service Télépoints pour que les automobilistes sachent avec précision combien de points il leur reste sur le permis de conduire, ou encore l’opération Tranquillité vacances qui, grâce à un simple for...

Source et suite de l'article: LeParisien.fr - article et photo: LP/Solenne Durox