« Garde nationale » : Hollande vise une hausse de 35 % du nombre de réservistes

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85.000 réservistes sont visés en 2018, dont environ 40.000 pour renforcer les réserves de l'armée, autant dans la gendarmerie et le reste dans la police. - Photo Laurent Cipriani/AP/Sipa

Le chef de l'Etat lance officiellement ce mercredi la création de la « garde nationale » promise après l'attentat de Nice.

Jusqu'à la tuerie de Nice, le gouvernement ne parlait que de renforcer les « réserves » des armées et de la gendarmerie, afin de répondre à la demande d'engagement de certains citoyens désireux d'agir à la suite des attentats du Bataclan. Puis, après le massacre du 14 juillet, François Hollande a évoqué la création d'une « garde nationale ». Ce mercredi, en Conseil des ministres, le président donne le coup d'envoi officiel de cette « garde nationale », dont l'ambition est de renforcer les réserves de l'armée, de la gendarmerie et de la police. Un nouveau site Internet pour les volontaires est lancé, un secrétariat général est confié au général Poncelin de Raucourt, un budget est alloué et plusieurs mesures cherchent à renforcer l'attractivité des réserves actuelles pour les jeunes. Le but est d'augmenter de 35 % le nombre de réservistes, à 85.000 personnes en 2018, dont environ 40.000 dans l'armée, autant dans la gendarmerie et le reste dans la police. Plus de monde mobilisable plus longtemps, telle est l'ambition, afin que les forces de sécurité puissent compter en 2018 sur 9.250 réservistes au quotidien, contre moins de 3.000 avant l'attentat de Nice et 5.500 depuis. Tandis que la réserve de gendarmerie fonctionne plutôt bien grâce au maillage territorial de ce corps, la réserve de l'armée n'a cessé de s'appauvrir faute de moyens suffisants. Quant à la police, c'est une réserve peu tournée vers la société puisqu'elle est constituée à 90 % d'anciens policiers. Pour 2017, le gouvernement promet de dégager une enveloppe budgétaire de plus de 100 millions d'euros supplémentaires, afin de consacrer 311 millions à sa « garde nationale ».

Obstacle financier

Un des grands obstacles au déploiement des réserves reste financier. Les candidats ont beau être prêts, les armées ne les utilisent pas faute de pouvoir les rémunérer ou tout simplement les équiper, et notamment les armer. Pour permettre aux jeunes un engagement plus important et plus aisé, le gouvernement propose aussi de financer en partie leur permis de conduire (1.000 euros), de verser une petite allocation mensuelle (100 euros) aux étudiants qui s'engagent sur cinq ans, et une prime de fidélité pour les autres réservistes les plus assidus. Des mesures de validation des compétences sont aussi envisagées. Enfin, les salariés peuvent désormais avertir leur entreprise de leur départ en réserve avec un préavis de quinze jours au lieu d'un mois, et ils ne peuvent se voir opposer de refus jusqu'à dix jours d'absence. Pour aider les employeurs, le gouvernement propose un crédit d'impôt correspondant au salaire versé pendant l'absence du réserviste.
Source de l'article: Anne Bauer, Les Echos