Etat d’urgence : la réserve militaire recrute encore

maprovence-03112016

Les formations de réservistes se succèdent dans la Gendarmerie qui ne manque pas de volontaires Les exercices pratiques jalonnent des journées longues empreintes de cérémonial militaire. PHOTO THIERRY GARRO

"Comment avez-vous fait pour vous mettre en sécurité ?" Les questions fusent après le récit d'un fait divers ordinaire pendant le cours "Devoirs et responsabilités" dispensé dans le cadre de la Préparation militaire de gendarmerie (PMG) qui se tient jusqu'à demain sur le site de l'école technique de la Marine nationale à Saint-Mandrier (Var). 163 candidats issus du monde civil y sont formés pendant deux semaines en vue d'intégrer la réserve du corps militaire, qui compte près de 2 000 effectifs en Paca. "Le stage a débuté il y a deux jours, et nous avons déjà eu 16 abandons", confesse le commandant Dulta, qui chapeaute cette session. "Le plus souvent, c'est la famille qui leur manque, ou le physique qui ne suit pas, pour ceux qui ne se sont pas bien préparés", poursuit le chef d'escadron qui a gravi les échelons dans la gendarmerie mobile. Car pour les volontaires, souvent guidés par leur envie de servir le pays, la vie de caserne, sans contact avec l'extérieur, pendant 15 jours, n'est pas toujours facile. Parfois, c'est aussi le maniement de l'arme qui pose problème. "S'ils ne respectent pas le cérémonial de départ et de retour en service, ou ne sont pas bons en tir, cela peut être une cause d'abandon pour nous car nous devons toujours avoir à l'esprit une question : est-ce que je partirais en mission avec ce collègue ?" explique le capitaine Monier, réserviste depuis 20 ans, et enseignant en lycée professionnel dans le civil.

Pas moins de trois sessions ont été proposées en Paca cette année

Ici, sur les 40 encadrants, seuls huit sont des gendarmes d'active. La réserve de la gendarmerie est comme un savoir-faire, un état d'esprit, qui se transmet au fil du renouvellement d'un corps en pleine expansion, et s'adapte aux besoins du "terrain". Outre les cours théoriques, véritable sas de transmission de l'expérience, aussi, les exercices pratiques jalonnent des journées longues, qui démarrent à 6 h du matin pour se terminer à 22 h 30, toutes empreintes du cérémonial militaire. "Après les cours, entre 17 et 18 h, ils apprennent à se déplacer en groupe, en ordre serré, pour préparer la cérémonie de fin de stage, avec le chant de la promotion. C'est important aussi, vis-à-vis des familles", poursuit l'instructeur. Un peu plus loin, dans les différents pelotons constitués le temps de la formation, les stagiaires n'en sont pas encore là. Par groupe de trois, ils apprennent à maîtriser un suspect potentiel, avec une arme factice et des menottes, une situation à laquelle ils pourront être confrontés, dès leur diplôme en poche, dans quelques semaines. "Nous aurons un temps fort dès le mois de décembre, avec les fêtes, où il y aura besoin de nombreux effectifs, il faut qu'ils soient prêts", estime le commandant Dulta. Pas moins de trois sessions ont été proposées en Paca en 2016, contre une par an habituellement, pour répondre à la volonté de développer la réserve. Les candidats ne manquent pas à l'appel, avec des motivations diverses, mais toujours un point commun : faire vivre un certain esprit civique qui crée des liens, et donne un but. De quoi dépasser ses limites, et changer une mère de famille ou un jeune adulte en militaire vigilant.

Les trois questions au général David Galtier, commandant de la Gendarmerie en Paca et zone de défense Sud : "Une formation de quatre semaines dès janvier 2017"...

Source et suite de l'article: LaProvence.com - par Marie-Cécile Berenger