Envers et contre tout, l’engagement réserviste chevillé au cœur

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La réserve n’attire pas que des hommes, loin s’en faut.

Elle fait partie de la vingtaine de réservistes rattachés à la compagnie de gendarmerie de Saint-Pol, mais a signé avant même l’attentat de « Charlie Hebdo » en janvier 2015. Katia Gomer, c’est une vie « au service des citoyens », et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir l’imiter. De son propre aveu, «  une fois qu’on a le pied dedans, on veut y rester  ». C’est bien pour cette raison que Katia Gomer a rejoint les rangs des réservistes. Parce qu’elle avait exercé en tant que gendarme adjoint et volontaire de 2006 à 2011 – sous contrat pendant cinq ans – et que depuis, «  ça (lui) manquait  ». Ce qui ne l’empêchera pas de présenter en janvier ses examens d’aide médico-psychologique, après avoir obtenu auparavant un CAP d’esthétique. L’uniforme et les paillettes, ça n’a rien d’incompatible. Depuis deux ans, la Saint-Poloise de 29 ans partage sa vie entre ses études et aspirations professionnelles, et son engagement en tant que réserviste. «  J’ai toujours été attirée par le côté militaire  », confesse celle qui réaffirme vouloir «  être au service des citoyens  ». « J’ai plus de missions » Les attentats ? Survenus après son retour dans les rangs. Ce qui a changé ? «  Je suis maintenant plus disponible  » et, coïncidence, «  j’ai plus de missions  ». De lutte anti-cambriolage par exemple, mais aussi d’ordre public avec l’organisation d’événements sportifs et festifs. Katia Gomer est sur tous les fronts, sur tous les secteurs géographiques du département. Et sa vocation inspire. Beaucoup. «  Il y a beaucoup plus de gens, notamment cet été, qui viennent au minimum se renseigner pour devenir réserviste  », confirme le commandant Jean-François Perreaux. Il en dénombre aujourd’hui une vingtaine au sein de sa compagnie de Saint-Pol, en légère augmentation malgré les deux mois qui nous séparent des derniers attentats commis sur le sol français. Pour ceux qui en doutaient, l’engagement de réservistes est définitivement loin d’être un effet de mode.
Le chiffre : 399
Quasi quatre cents. C’est le nombre de réservistes que recense le groupement de gendarmerie d’Arras, en nette augmentation depuis cet été où ils étaient alors 377. C’est pareil sur le reste du territoire français. Dans l’Hexagone, cet été toujours, ils étaient 26 000 à s’être engagés dans les rangs et désormais, ils sont 28 500. D’ici la fin de l’année 2018, d’après une annonce faite la semaine dernière par le nouveau directeur général de la gendarmerie nationale Richard Lizurey, on table sur le chiffre de 40 000 réservistes en France.
La formation
Une remise à plat des formations a été annoncée cette semaine en interne, dont La Voix du Nord a l’exclusivité. À savoir qu’à compter du 1er janvier, les aspirants réservistes, une fois leurs tests effectués, seront reçus pour la formation opération de réserve territoriale (FORT), deux modules de douze jours chacun. À l’issue de la préparation militaire initiale, un contrat est signé ; une fois le second cycle achevé, le diplôme de gendarme adjoint de réserve est délivré, avec prestation de serment pour obtenir la qualification d’agent de police judiciaire adjoint. En plus d’une formation de secouriste de base, les futurs réservistes apprennent à manier le bâton télescopique et obtiennent un certificat initial d’aptitude à la pratique du tir.
Source de l'article: LaVoixDuNord.fr