Entraînement militaire avec des réservistes isérois, bientôt engagés en mission Sentinelle

250 réservistes de la 27e BIM ont participé pendant quatre jours à un exercice "Choucas" avec l'armée. Dès la fin de l'année, ces jeunes volontaires seront mobilisés pour protéger la population lors des missions Sentinelle.

C'est un déploiement impressionnant de l'armée qui s'est déroulé pendant quatre jours dans le Trièves (Isère), sur un territoire couvrant 22 communes. Pendant quatre jours, du 1er au 4 novembre, 250 réservistes de la 27e brigade d'infanterie de montagne (27BIM) ont participé à l'exercice "Choucas".

Ces jeunes volontaires de moins de 35 ans ont été mis en situation concrète avec de fausses attaques à la voiture-bélier, des simulations d'agressions ou de colis piégés. L'objectif de cet exercice annuel est de préparer les réservistes, qui ne sont pas des militaires professionnels, pour intervenir lors des missions Sentinelle en fin d'année.

Un blessé grave dans une agression

10 heures du matin : un homme arrive en furie sur le quai de la gare de Monestier-de-Clermont, il se jette sur un passager qui attend son train. En quelques secondes, trois réservistes plaquent l'agresseur au sol, deux autres viennent s'accroupir à côté du passager gravement blessé. Tout est faux bien sûr, il s'agit d'un des multiples scénarii choisis par l'armée pour tester ces jeunes.

Thaïs, ferronnière de 19 ans dans la "vraie" vie, semble satisfaite de la manière dont elle et ses collègues ont réagi : "Personne n'est mort, personne n'est tombé. Je pense qu'on n'a pas fait de fautes graves et qu'on a respecté tout ce qu'on avait appris".

En même temps, à quelques kilomètres, à Mens, d'autres alertes arrivent au poste de commandement dirigé par Geoffroy, enseignant dans le civil. "On a fait face à tous les événements de la matinée de façon plus que correcte. Je pense que la plupart des personnels sont prêts à être engagés très prochainement sur des missions internes", analyse-t-il.

Des nerfs mis à rude épreuve

Pour s'assurer que les réservistes soient prêts à intervenir "pour de vrai", leur endurance et leur patience ont été testés. Pendant ce stage, ils ont dormi dehors sur une simple bâche, enroulés dans un duvet. "C'est ce qu'on appelle la 'rusticité' dans le milieu militaire, s'amuse encore Perrine, une étudiante, on est quatre jours sur le terrain, à dormir peu, à être sous la pluie. Finalement, on se rend compte qu'en période de crise, comme en période d'attentats, on est capables de tenir".

Le lieutenant-colonel Bonnevie, responsable de la réserve à la 27BIM, acquiesce : "C'est très important de repousser leurs limites. Dans nos métiers respectifs, on sait tous que quand on est dans un état de fatigue avancée, on n'a plus les mêmes réflexes. Moi, j'ai besoin de le mesurer dans les pires conditions, pour garantir finalement garantir les meilleures. C'est le même soldat qui est à Gao (Mali) et qui est au pied de la Tour Eiffel, c'est le même militaire qu'il soit d'active ou réserviste".

Source et suite de cet article, avec photos et vidéo: FranceBleu.fr - Par: Justine Dincher, France Bleu Isère