«Engagé comme réserviste entre 40 et 120 jours»

ladepeche-12112016 À l'issue de son service national, Stéphane a décidé de devenir réserviste. Il honore toujours son engagement et est aujourd'hui affecté au 8e RPIMa. Rencontre.
De longue date, Stéphane G. (1) assume une double - voire une triple - vie : sa vie privée dont familiale, sa vie professionnelle et sa vie de réserviste. A l'heure où, depuis les attentats, l'on parle beaucoup des vocations en inflation au profit de cet engagement, Stéphane nous explique le sien. Quelques mots sur vous ? Originaire d'Albi où je suis né voilà 46 ans ; je suis toxicologue - spécialiste des produits chimiques - et j'exerce au sein de la médecine du travail. Je suis marié et j'ai deux filles. Nous résidons en famille à Castres depuis 2005. Votre cursus ? Des études de biologie à Poitiers, où j'ai d'ailleurs rencontré mon épouse. Mais aussi un parcours à Bordeaux, Grenoble, Paris, jusqu'à l'obtention d'un master 2 en épidémiologie-toxicologie. J'ai commencé une carrière professionnelle en environnement et sécurité industrielle pour des organismes patronaux. Comment vous êtes vous retrouvé engagé au titre de réserviste ? À mon époque, c'était relativement simple puisqu'il existait encore le service national. Bien qu'il n'existât aucun antécédent familial, je me suis un temps demandé si je n'allais pas choisir de devenir militaire de carrière. Mais j'ai tout de même suivi une préparation militaire supérieure : marine, terre, parachutisme… À un certain âge, certains moments de sa vie, on cherche une structure plutôt accueillante, faite de camaraderie, de solidarité. Et puis j'ai aussi une passion pour l'Histoire : la Révolution, la Grande Guerre. Donc… me voilà élève officier de réserve au sein de l'école de Bourges. Puis Nantes, au 9e régiment de commandement et soutien de la 9e division infanterie de marine. Je n'ai jamais interrompu cet engagement depuis. Et donc, la suite ? Centre d'instruction et préparation militaire, CIPM ; base de transit interarmées à La Rochelle ; 7e régiment du train de Châteauroux où, comme capitaine,j'ai pu commander l'escadron de réserve de transport… et 2007, je rejoins le 8e RPIMa, actuellement au bureau maintenance et logistique. Aujourd'hui, je suis commandant de réserve. Votre parcours a été ponctué de quelques missions extérieures ? Je suis en effet parti 4 mois au Kosovo en 2010 ou encore au Tchad en 2015, 4 mois également. J'ai aussi participé au plan Vigipirate. Quelles sont vos obligations en fait et comment les gérez-vous ? En ce qui concerne mon engagement, j'ai toujours eu le soutien de mon épouse. L'obligation légale, c'est 5 jours minimum de service. Mais, en 5 jours, on ne fait pas grand-chose. Personnellement, j'y consacre entre 40 et 120 jours. Je jongle entre quelques jours de congés et des jours de congé sans solde… qui sont compensés par une solde de service. J'ai la chance d'exercer dans un secteur qui m'autorise cette activité. Mais, nombre de réservistes on plus de difficultés. Un peu comme lorsque l'on est pompier volontaire. Mêmes obligations, même avancement, même solde. A priori, je peux envisager de progresser encore d'un grade. Ce n'est pas mon obsession ni même ma motivation. On peut servir jusqu'à 62 ans, si on est déclaré apte lors d'une visite médicale tous les deux ans. Que vous inspire l'intérêt que l'on constate pour l'engagement «réserve» aujourd'hui ?   Source et suite de l'article: LaDepeche.fr