Corée du Nord : une économie vouée au militaire

L'armée nord-coréenne compte 1 million de militaires et près de 8 millions de réservistes, sur 25 millions de Nord-Coréens.Reuters

Comment un « nain » économique peut-il se transformer, en une dizaine d'années, en une puissance nucléaire ?
Difficile, dans ce pays, bâti depuis la guerre froide sur un régime marxiste, totalitaire et autarcique, d'accéder à des statistiques crédibles. Une certitude, cependant, le budget militaire pèse lourd dans la richesse nationale : entre 13% et 20% du PNB, croit-on savoir. Une telle ambition stratégique et nationaliste a été rendue possible par la mobilisation et l'enrôlement de la population (1 million de militaires et près de 8 millions de réservistes sur 25 millions de Nord-Coréens) autour de la dynastie au pouvoir et, aujourd'hui, de Kim Jong-un.
« Cela fait des décennies que cet Etat n'a aucun besoin de l'aide étrangère pour renforcer son arsenal militaire, même l'arme nucléaire, explique Corentin Brustlein, de l'Ifri, l'Institut français des relations internationales. Pendant les années 1990, la Corée du Nord a bénéficié du réseau clandestin Kahn, le père de la bombe pakistanaise, pour se procurer des centrifugeuses pour l'uranium enrichi, mais depuis elle ne s'appuie plus sur personne. » Conséquence : le pays semble insensible aux sanctions internationales dont il est l'objet depuis ses premiers essais nucléaires en 2006. Depuis 2012 et l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un et, surtout, depuis mai 2016 et le 7e congrès du Parti du travail, plusieurs réformes ont permis de libérer l'initiative privée. La Corée du Nord est entrée « dans une phase de profonde transformation économique et sociale, sans pour autant que son régime change de nature », souligne Philippe Pons, auteur de « Corée du Nord : un Etat-guérilla en mutation » (Gallimard). Certes, comme autrefois le Pékin de Mao, la capitale, Pyongyang, n'est qu'une vitrine, un faire-valoir de la politique officielle. Quelques boutiques, des restaurants commencent à ouvrir leurs portes. L'usage des devises étrangères est en principe interdit, mais les dollars circulent sans vergogne sous le comptoir... Source et article au complet: LeParisien.fr - Par: Jannick Alimi