Conseil de Défense : quels contours pour la future Garde nationale?

condef-lavoixdunord

Le conseil restreint de Défense, réuni ce mercredi matin à l’Élysée, a permis d’avancer vers la création d’une Garde nationale, constituée de réservistes, chargée de la protection du territoire national.

Le conseil restreint de Défense, réuni ce mercredi matin à l’Élysée, ne s’est pas seulement penché sur l’état des menaces et de nos opérations, extérieures comme intérieures. Le projet de Garde nationale, évoqué devant le Congrès par le président au lendemain des attaques du 13 novembre 2015 à Paris, était également au menu. Ses contours et missions se précisent depuis le passage de François Hollande au Centre d’entraînement des forces de gendarmerie, le 20 juillet à Saint-Astier en Dordogne : « Une force au service de la protection des Français bâtie à partir des réserves opérationnelles existants. » Ce postulat volontaire ne peut masquer les difficultés actuelles des réserves militaires, des armées et de la gendarmerie. Sur le plan budgétaire, numérique et culturel. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale de décembre 2015 rappelle que la réserve de la Défense pèse 70 millions d’euros par an (+ 15 M€ par an supplémentaires annoncés) pour environ 27 000 personnes et 413 M€ au Canada pour un nombre équivalent… Incomparable. 80 000 réservistes en 2019 Des objectifs de relance du recrutement de réservistes ont été lancés avec l’actualisation de la loi de programmation militaire 2014-2019. C’est dans ce cadre qu’il faut imaginer la création d’une Garde nationale qui pourrait être bardée de 40 000 soldats et 40 000 gendarmes à l’horizon 2019. La question d’une tutelle commune reste entière même si l’armée de terre a créé un commandement du territoire national. Les effectifs sont pour l’heure de 27 000 volontaires dans les armées et de 28 500 dans la gendarmerie. Ceux-ci constituent la RO1, la réserve opérationnelle de premier niveau (à ne pas confondre avec les réservistes citoyens chargés de diffuser l’esprit de défense dans la société). Mais 16,5 % n'ont réalisé aucun jour de réserve et 35,7 % ont fait plus de vingt jours. En 2019, on imagine 1 000 réservistes de Défense déployés en opération de protection du territoire national par jour, dont 800 pour la seule armée de terre. Il existe aussi une RO2 qui représente un énorme vivier de 117 000 anciens militaires. Ces derniers ont une obligation de disponibilité pendant cinq ans après leur départ de l’armée ou la gendarmerie. Seulement, cette réserve dite de « sécurité nationale » n’est jamais appelée. À peine vient-elle fin mars de réaliser son premier exercice Vortex avec 1 400 anciens des brigades parachutiste et logistique. Cette RO2 est convocable en cas de crise majeure « dont l’ampleur met en péril la continuité de l’action de l’État, la sécurité de la population ou la capacité de survie de la nation ». Nous n’en sommes pas là mais un assouplissement des conditions d’emploi pourrait consolider une garde nationale. Depuis les attentats, on a ainsi facilité l’appel des réservistes en réduisant le délai de préavis pour les employeurs (de 30 à 15 jours) et une durée d’absence opposable à l’employeur porte de 5 à 10 jours. L’opération Sentinelle épuise les militaires Une Garde nationale digne de ce nom devrait structurer et simplifier toutes ces données. Son utilité se comprend aisément depuis que l’opération Sentinelle met à rude épreuve les soldats professionnels (suppressions de permissions, de repos, impasses sur des entraînements interarmes…). « Qui connaît mieux son territoire, son canton, son village, son pays que le réserviste ? », invoquait devant l’Assemblée nationale le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées...   Source et suite de l'article: lavoixdunord.fr OLIVIER BERGER