Ces civils se mettent au service de l’armée

Le colonel Eric Prigent, délégué militaire pour la Seine-Maritime, en compagnie de Marine Caron, lieutenant de la réserve citoyenne (photo F. B.)

Réservistes citoyens, ils mettent leurs compétences au service de l’armée et contribuent à promouvoir l’image de celle-ci dans la société civile, par des conférences, expositions et par leur participation aux manifestations patriotiques. Chefs d’entreprises, enseignants, élus, ils partagent un intérêt particulier pour les questions de Défense, et travaillent au rapprochement de l’armée et de la nation. L’image de l’armée s’est nettement améliorée dans l’opinion publique, notamment auprès des jeunes qui la jugent majoritairement « efficace » et « professionnelle ».

Leur grade n’est qu’honorifique, ils sont bénévoles et aucun ne porte l’uniforme. « Mais notre engagement est réel. On le vit de manière continue, comme un devoir sans que ce soit une obligation. En fait, nous ne sommes pas militaires de profession, mais militaires de conviction », explique Marine Caron, conseillère départementale de la Seine-Maritime et lieutenant de la réserve citoyenne, à laquelle elle a adhéré il y a juste un an, tant par attachement au devoir de mémoire et aux commémorations nationales, que pour aider à tisser du lien entre l’armée et la nation.

« Les vagues d’attentats terroristes, sans doute, ont joué un rôle. Il y a eu une prise de conscience de la nécessité de rapprocher les Français de leurs forces de sécurité, de corriger l’image que certains peuvent en avoir. Et de prendre le temps de répondre à leurs interrogations. C’est une responsabilité. Mais aussi une fierté », ajoute-t-elle.

« En fait, l’expérience montre que le niveau de connaissance que les Français peuvent avoir des forces armées, est très faible », enchaîne le colonel Éric Prigent, délégué militaire départemental pour la Seine-Maritime et donc en charge, dans ce département dépourvu de toute unité stationnée, de représenter l’armée auprès des autorités : préfète, élus, police et gendarmerie, ainsi que des correspondants de la Défense dans toutes les collectivités. « Au mieux, les citoyens ont de l’armée des souvenirs anciens, des choses du passé », reprend-il. « C’est pourquoi il est important de disposer de relais, au sein de la société civile, qui puissent y diffuser l’esprit de défense et répondre à ses interrogations ».

Dans cette optique, les réservistes citoyens sont invités à se réunir pour élargir leurs connaissances, et « co-construire » des actions de sensibilisation du public, conférences, interventions dans les établissements scolaires, participation aux cérémonies où le port de leur insigne distinctif suscite des interrogations et permet d’engager le dialogue. « Davantage qu’un message technique, ce sont des valeurs que nous nous attachons à partager », souligne Marine Caron.

Ce rôle d’« ambassadeurs de la Défense et de la gendarmerie », précisé par les textes, se double d’un autre, tout aussi important. Il s’agit de faire bénéficier l’armée de leur expérience, de leurs compétences et de leur connaissance du tissu socio-économique local sans faire du métier des armes leur profession. Ainsi, les réservistes citoyens peuvent être sollicités pour des actions de relations publiques, de communication, de recrutement, mais aussi pour fournir une expertise professionnelle de haut niveau. C’est par exemple le cas des membres de la réserve citoyenne cyberdéfense, « cercle de confiance » issu de la société civile rassemblant des professionnels et étudiants en fin d’études, s’intéressant de près au domaine de la cybersécurité et de la cyberdéfense.

« Cercle de confiance »

« Compte tenu des missions qui leur sont confiées et de leur rôle de représentation, les réservistes citoyens doivent être des personnes de confiance, loyales, fidèles, ayant le sens des responsabilités et sachant s’exprimer en public. La sélection est rigoureuse », précise le colonel Prigent. « Ce sont en général des personnes bien installées, de formation supérieure et manifestant un attachement particulier aux affaires de Défense ». Ainsi, parmi les huit réservistes citoyens rattachés à l’armée de terre que compte la Seine-Maritime, figurent des chefs d’entreprises, des élus, des enseignants, un ancien commissaire de police et un ancien imam aumônier militaire.

Cinq hommes et trois femmes se partagent le territoire, sans qu’il y ait d’objectif formel de la quadriller entièrement. « Il ne s’agit pas de faire du nombre. Ce n’est pas du tout l’objectif », insiste le militaire. « Mais il est de bien cibler les personnes à qui on va faire confiance ». Pour autant, le délégué militaire départemental entend « mener une action » pour être mieux connu dans les petites communes et dans le monde rural.

Il pourra s’y appuyer sur le réseau des correspondants de la Défense désignés par les collectivités. Ainsi que sur les réservistes opérationnels, au nombre d’une vingtaine en Seine-Maritime, qui portent l’uniforme, sont armés ou peuvent l’être, et reçoivent un traitement pour les missions qu’ils remplissent au sein des unités d’active dans lesquelles ils interviennent en renfort. Comme leurs « collègues » citoyens, ils en sont eux aussi et souvent dans la discrétion, les ambassadeurs...

Source et suite complète de cet article: Paris-Normandie.fr - Par FB