Brigitte, maman, salariée chez McDo et gendarme de réserve

Être gendarme de la réserve opérationnelle. Beaucoup ont fait ce choix, motivés par les attentats mais d’autres l’avaient fait avant en Saône-et-Loire. L’engagement de 40 d’entre eux a été salué, hier, par le préfet. Qui sont-ils et quelles sont leurs motivations ?

La Chalonnaise Brigitte Saint-Val, 32 ans, est réserviste depuis 2011 dans la gendarmerie. « Quand je l’ai dit au boulot, beaucoup m’ont félicité, d’autres m’ont dit “T’es folle” », se souvient la jeune femme qui n’a aucun regret de jongler entre les hamburgers et les patrouilles avec la brigade de Châtenoy-le-Royal. Photo Catherine ZAHRA

L’attentat de Nice a été la principale motivation de mon engagement dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie », indique Rémi, 30 ans, papa de trois enfants comme Benjamin, ambulancier de 30 ans ou Bruno, 38 ans, consultant en sécurité à son compte « d’autant que des amis s’y trouvaient », a-t-il précisé ce mercredi matin à la préfecture de Saône-et-Loire à l’occasion d’une réception en l’honneur de 40 réservistes qui s’apprêtaient à prêter serment au tribunal. Brigitte Saint-Val, jeune maman de 32 ans, rêvait, quant à elle, d’être gendarme. « Être réserviste me permettait d’approcher le métier », avoue cette Chalonnaise, épouse d’un militaire. « Depuis 6 ans, je jongle entre ma vie de famille, mon travail chez McDo et mes missions avec les gendarmes de Châtenoy-le-Royal et cela me convient parfaitement », assure-t-elle.

Réserviste pour défendre son pays mais aussi s’occuper, payer ses études…

« Défendre mon pays, aider les citoyens et les protéger », renchérit Pierre, 18 ans, étudiant en BTS management à Digoin qui figure parmi les nouvelles recrues. Une motivation que partagent majoritairement des anciens même si Florian, ancien réserviste de l’armée de terre, avoue que son engagement est « le fruit des 35 heures pour occuper son temps libre ». Ces gendarmes de réserve sont issus de tous les milieux : un Bressan, surveillant pénitentiaire à Lons-le-Saunier, un agent de la DIR Centre Est de Paray-le-Monial, un employé de l’Opac de Louhans, une professeur des écoles de l’Yonne dont le mari travaille et habite en Saône-et-Loire, un ripper du SIRTOM de Chagny, etc. Tous ont consacré en moyenne 30 jours à la gendarmerie en 2016, pris sur leurs week-ends et/ou leurs vacances. C’est un choix qu’a fait en 2011 Michael Pereira, un Mâconnais de 25 ans qui passe son doctorat de physique à l’école normale supérieure et enseigne à l’université Pierre et Marie Curie à Paris. « Je regrettais la fin du service militaire obligatoire », avoue-t-il nostalgique. « Je désirais servir à quelque chose. Je me suis donc engagé. C’est un univers différent de la vie civile et ça paie aussi mes études à Paris ».

Préfecture de Saône-et-Loire

Après l’attentat de Nice, 134 dossiers ont été finalisés, 113 sont en cours de traitement.

Catherine Zahra

Source de l'article: lejsl.com