Bientôt une véritable armée pour la cyberguerre en France ?

En décembre dernier, Jean-Yves Le Drian annonçait la création d'une force de cyberdéfense nationale, une nouvelle arme dans le dispositif militaire français. Les premiers détails ont été dévoilés ce 16 mars : 3.200 hommes en 2019 feront partie de cette unité, auxquels viendront s'ajouter quelque 4.400 réservistes. L'organe sera rattaché au chef d'État major des armées. Pour Nicolas Arpagian, expert en cybersécurité, et directeur scientifique à l'institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, avec ce dispositif, la France "garde le rythme". "Cet engagement de la France dans le domaine de la cyberdéfense, il date de 2008 avec un livre blanc sur la défense et la sécurité nationale quand il y avait eu une prise de conscience que c'était déjà un théâtre d'opérations", rappelle-t-il.

"Il a fallu investir  dans des infrastructures et des formations, parce que souvent dans les carrières des ingénieurs en informatique, la sécurité était un élément un peu laissé à part", explique par ailleurs l'expert. L'État a donc dû investir dans la formation, la compétence,afin de former au mieux ses nouveaux effectifs, mais aussi dans la création d'une doctrine, analyse Nicolas Arpagian : "jusqu'à présent, on avait codifié le droit des conflits armés, mais dans le domaine numérique, il faut tout remettre à plat".

Affaiblir l'adversaire sans se montrer

Au XXIe siècle, la cyberguerre s'explique comme un univers où l'on rend poreux le monde civil et le monde militaire, rappelle l'expert. "Des États peuvent s'attaquer à des structures civiles, industrielles, et ce de manière à créer des perturbations dans le pays ou le territoire qu'ils souhaitent attaquer. Une tactique qui permet d’affaiblir l'adversaire et de créer par la même occasion une déstabilisation du pouvoir du fait d'un changement dans l'opinion publique. Le numérique lui, à la différence d'une guerre "traditionnelle",

Source et article complet: rtl.fr - par: Vincent Parizot avec Christelle Rebière et La rédaction numérique de RTL - credit image: AFP -RTLNET