Benalla au Tchad: Trois questions pour comprendre la nouvelle affaire


Alexandre Benalla le 19 septembre 2018 à Paris. — Thibault Camus/AP/SIPA

Le site web 20minutes.fr publie le 26 12 2018:

A peine le temps de comprendre la première affaire Benalla qu’une deuxième remplit l’espace médiatique. Allez, on vous explique tout…

Vous avez abusé du champagne et du foie gras pour Noël, et à votre réveil en pleine digestion, vous découvrez qu’il existe une nouvelle affaire Benalla dont vous ne savez rien, trop occupé à festoyer. Pas de panique, on vous fait une petite session rattrapage et explication en quelques questions?

On lui reproche quoi cette fois à Alexandre Benalla ?

Alexandre Benalla est allé au Tchad début décembre, destination où s’est également rendu Emmanuel Macron le week-end dernier. Une coïncidence qui jette un trouble sur les raisons de la visite de l’ex-collaborateur du président, étant donné que ce dernier a quitté ses fonctions début août. Lui-même a assuré « avoir tenu informée la plus haute autorité française » de sa petite visite tchadienne. Pour semer encore plus le trouble, selon une source du journal Le Monde citée dans un article publié lundi, il était accompagné lors de son voyage « d’une demi-douzaine de personnes, par avion privé, réglant les frais par carte bleue. » 

Et qu’est ce que l’Elysée en dit de cette fameuse coïncidence ?

La présidence a assuré mardi à l’AFP qu’Alexandre Benalla « n’a pas informé l’Élysée de ses déplacements avant de les effectuer, mais uniquement de manière récente la semaine dernière. » Et elle en a profité pour démentir toute mission gouvernementale de l’ancien collaborateur : « Quelles que soient les démarches qu’entreprend M. Benalla, il n’est pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République. S’il se présentait comme tel, il est dans le faux. »

La présidence a également annoncé qu’une enquête interne (ouverte lors de l’affaire de la Contrescarpe) est déjà en cours pour vérifier qu’Alexandre Benalla n’aurait pas eu des démarches similaires avant son départ de l’Élysée. Même Emmanuel Macron aurait assuré à son homologue tchadien, le président Idriss Deby, qu’Alexandre Benalla n’était pas missionné par l’Elysée.

Et Benalla, il dément également tout lien ?

Oui, et plutôt trois fois qu’une. Dans un communiqué transmis à l’AFP plus tôt ce mercredi, l’ex-conseiller confirme bel et bien être allé au Tchad début décembre, en accompagnement « d’une délégation économique étrangère » et assure n’avoir pas été au courant de la visite présidentielle quelques jours plus tard, sans en dire plus sur l’objet de sa mission.

Son entourage est également monté en créneau, affirmant qu’Alexandre Benalla était « au Tchad avec une délégation économique de six personnes étrangères qui vont faire 250 millions d’euros d’investissements » et que cela n’avait « rien à voir avec Emmanuel Macron, rien à voir avec l’Élysée, rien à voir avec la présidence de la République. » Chose intéressante, selon ces sources, il aurait rencontré « Idriss Deby lui-même, durant deux heures, contrairement à ce qui a été écrit. »

Quant à son avocate, elle se montre elle aussi très ferme sur le sujet : « Alexandre Benalla n’exerce plus aucune fonction pour la présidence de la République. Il devrait désormais être libre de réaliser ses projets et déplacements professionnels sans être la cible de commentaires et réactions malveillants et opportunistes. »

De son côté, Alexandre Benalla a commencé à sortir la sulfateuse. « Je ne me tairai plus », a-t-il prévenu dans un (énième) communiqué transmis à l’AFP, en réaction à des « propos diffamatoires » tenus à son encontre par « certaines personnes de l’Élysée. »  Puis rebelote auprès de BFM TV : « Je ne peux pas accepter de tels propos prononcés par certaines personnes de l’entourage du président de la République dont le seul objectif est de me salir. Ce sont des propos diffamatoires et calomnieux, pour lesquels je vais charger mes avocats de saisir le Procureur de la République. Certaines personnes au plus haut sommet de l’Etat souhaitent me faire taire ou me neutraliser. »

Source et suite de cet article: 20minutes.fr - Par: Jean-Loup Delmas