En Auvergne, un millier d’étudiants sont gendarmes réservistes

Reserviste Gendarmerie, ici avec le colonel Martinez,, Clermont le 16/01/2018 Photo R Brunel © Richard BRUNEL

Stéphanie Monchecourt est une jeune étudiante de Clermont-Ferrand, en deuxième année de droit. Elle est aussi une réserviste expérimentée de la gendarmerie.

La semaine, elle est Stéphanie, 21 ans, étudiante en deuxième année de droit à Clermont-Ferrand. Le week-end, elle est le gendarme Monchecourt, avec trois années de solide expérience derrière elle.

Comme un millier d’étudiants en Auvergne, Stéphanie a décidé d’offrir un peu de son temps libre à l’armée française. Et pour elle, l’engagement remonte quelques mois avant les attentats. « J’ai toujours été attirée par la gendarmerie, mais je voulais voir de mes yeux avant de m’engager. Je me suis dit que devenir réserviste répondrait à mes questions. Et puis, j’aime vraiment la France. Je voulais faire quelque chose pour mon pays. »

Rigueur et solidarité

Quand Stéphanie annonce sa décision à ses parents, ils ont la réaction de tous parents dans ces cas-là : ils s’inquiètent. « Aujourd’hui, ils trouvent que j’ai fait le bon choix. Une fois qu’ils ont compris que je ne partais pas au front avec le GIGN, ça allait mieux », rit encore la jeune gendarme.

Devant sa famille, Stéphanie semble sûre d’elle. Elle doit tenir sa position. Pourtant, elle l’avoue aujourd’hui, elle ne mesurait pas encore tout à fait dans quoi elle s’engageait.

« Je n’avais pas conscience de l’impact que ça aurait sur moi. J’étais très très timide. Au retour de ma première mission – une semaine sur le Tour de France – je n’étais plus timide. » La rigueur, la solidarité, le respect de ses amis aussi (« et de mes propriétaires qui ont été très rassurés que je sois gendarme quand j’ai postulé pour leur appartement »).

Autre surprise de taille : l’habit fait bien le moine. « Je n’avais pas mesuré l’impact de l’uniforme. Une fois enfilé, aux yeux des autres et des miens, je ne suis plus Stéphanie, je suis un maillon de la gendarmerie. »

Pendant les quatre semaines de formation (voir ci-dessous) elle va aussi tenir une arme pour la première fois. « La réalité physique : le poids, le recul, l’odeur de poudre, la force du tir… Ça surprend. »

S'engager pour de bon ? Pas maintenant

Et Stéphanie ne fait pas partie de cette catégorie chassée par la gendarmerie : les cow-boys excités par les armes. Au contraire. « Ça m’a posé des questions philosophiques. La première fois qu’on touche la tête du mannequin, on est content, mais on se dit qu’on aurait tué quelqu’un. »

Aujourd’hui, trois ans après, Stéphanie s’est habituée à tout cela. Et elle n’arrive toujours pas à trouver de défaut à la gendarmerie. « Le plus agréable, en tout cas, c’est de ne pas être inactif. C’est bien beau de refaire le monde, mais mettre les mains dedans… » Entre-temps, les attentats ont renforcé la force de son engagement. Et lui permet d’éviter l’angoisse de rester passif face à la menace. « C’est bien beau de refaire  le monde… »

Stéphanie s’est aussi découvert un amour pour l’ordre. Sans prosélytisme. « J’aime le côté cadré, mais je sais qu’on ne peut pas exiger cela du civil. De temps en temps, si je vois quelque chose qui cloche dans l’organisation, je le dis, mais ça s’arrête là. »

S’engager pour de bon, l’étudiante y pense. Mais elle veut d’abord finir ses études. Un master au minimum lui sera nécessaire de toute façon pour intégrer la gendarmerie.

Source et article complet: LaMontagne.fr - Par: Simon Antony