Attaquer la Corée du Nord, un défi logistique

Soldats sud-coréen (à droite) et américain (à gauche) lors de manoeuvres militaires communes à Pohang, sur la côte est de la péninsule coréenne, en 2013. - AFP

Pour le « Financial Times », la préparation d'une attaque des Etats-Unis sur Pyongyang serait si complexe qu'elle rend l'hypothèse d'une entrée en guerre très improbable.

L'année qui s'achève a été marquée par une aggravation de  la guerre verbale entre les Etats-Unis et la Corée du Nord . Mais avant de craindre « le feu et la fureur », pour reprendre les mots employés par Donald Trump, il faut examiner les différents préparatifs logistiques et militaires « qui devraient précéder de façon quasi certaine » une telle attaque,  écrit le « Financial Times » . Le quotidien britannique s'est livré à l'exercice en interrogeant plusieurs experts, pour en arriver à la conclusion suivante : « La complexité de ces préparatifs vient nous rappeler pourquoi une attaque est improbable. »

Il y a d'abord la question des 200.000 citoyens américains vivant en Corée du Sud, auxquels s'ajoutent les 50.000 présents au Japon. Avant d'entrer en guerre, « Washington chercherait très vraisemblablement à les évacuer, note le journal. Mais cela nécessiterait une opération logistique de grande ampleur, qui pourrait servir de détonateur à une action préventive du régime nucléaire de Kim Jon-Un. »

700.000 soldats nécessaires

Dennis Blair, ancien responsable des forces armées américaines dans le Pacifique, pointe d'autres défis : le transport des troupes et du matériel nécessaire à une attaque, le rappel de réservistes, la mise à l'abri des civils... Bref, « toutes les actions à mettre en oeuvre si vous pensez qu'un conflit sérieux est possible. » Kim Yeol-soo, de l'Institut coréen des affaires militaires, estime qu'une attaque nécessiterait près de 700.000 soldats américains, 160 navires, 1.600 avions et 2,7 millions de réservistes sud-coréens.

L'impasse nucléaire

Dernière difficulté : même si les Etats-Unis savaient précisément où est caché l'arsenal nucléaire nord-coréen , le seul moyen de le détruire sans préparatifs visibles serait d'utiliser l'arme atomique en premier - une hypothèse que M. Blair juge « inconcevable ». Ce serait comme ouvrir la boîte de Pandore, poursuit-il, et cela ferait des Etats-Unis la première puissance de l'histoire à utiliser l'arme nucléaire à des fins coercitives depuis Hiroshima et Nagasaki. ».

Pour le « Financial Times », il est probable que les Etats-Unis choisiraient d'autres options s'ils voulaient entrer en guerre, comme des bombardements ciblés sur des usines d'armement ou un assaut visant à renverser le régime. Mais cela nécessiterait de commencer par envoyer des troupes. « Les forces américaines basées en Corée du Sud ne pourraient y arriver seules », estime...

Source et suite de cet article: LesEchos.fr - Par Benoît Georges Chef de service