En un an, la garde nationale a trouvé sa place

La garde nationale, qui va fêter son premier anniversaire le 13 octobre, compte 70 000 réservistes, dont 7 300 mobilisés chaque jour à la « protection » des Français.
Sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille, dimanche dernier, c’est un réserviste de 24 ans qui a tué l’assaillant, après son attaque au couteau contre deux jeunes filles. Au Carrousel du Louvre, le 3 février, et à l’aéroport d’Orly, le 18 mars, chaque fois qu’une patrouille de l’opération Sentinelle a été la cible d’un acte terroriste, un réserviste en était membre. Ces trois situations soulignent l’implication de la réserve militaire pour renforcer l’armée dans sa mission de « protection » du territoire national. L’ancien président de la République François Hollande en avait formulé le vœu, trois jours après les attentats du 13 novembre 2015, voulant tirer un meilleur parti du « gisement » de réservistes pour le faire évoluer en « garde nationale ». Un an après sa création officielle par décret, le 13 octobre 2016, la garde nationale a du succès. « Nous n’avons pas de difficulté de recrutement, s’est félicité lundi le général Gaëtan Poncelin de Raucourt, son secrétaire général. Nous recevons de 40 à 50 candidatures par jour sur notre portail Internet, nous avons presque plus de candidats que de postes. » Jugée « pérenne » et « indispensable », la garde nationale compte un effectif d’environ 70 000 réservistes, sollicités par roulement. Parmi eux, 7 300 sont ainsi employés quotidiennement dans les trois corps assurant la sécurité – armée, gendarmerie et police. Et l’objectif d’un réservoir de 85 000 personnes en 2018, dont 9 250 sur le terrain chaque jour, devrait être tenu. Le profil des réservistes est en pleine « mutation », observe le général de Raucourt. Parmi eux, 70 % sont des civils et 30 % d’anciens militaires. Un tiers a moins de 30 ans et 20 % sont des femmes. Plus de 60 % sont des actifs, dont plus de la moitié dans le privé, 17 % des étudiants, 15 % des retraités et 6 % des demandeurs d’emploi, précise une étude sur « la performance économique » des réservistes, commandée par le secrétariat général de la garde nationale au cabinet de conseil Goodwill-management. La garde nationale marche bien alors qu’elle « n’a pas de mission en propre », rappelle le général de Raucourt. Les armées, la gendarmerie et la police continuent de gérer leurs réservistes, qui ont servi en moyenne 32 jours en 2016 (35 jours en 2017 probablement). La réserve opérationnelle des armées compte ainsi plus de 32 000 volontaires, celle de la gendarmerie plus de 29 000, et celle de la police près de 5 000. Signe de l’ampleur du mouvement : les différentes armées ont une, voire deux compagnies de réserve par régiment. Les mesures financières pour valoriser l’engagement expliquent en partie le succès de la garde nationale, en particulier auprès des jeunes. Ainsi, un étudiant qui a signé un premier contrat dans la garde nationale avant 25 ans et effectué 50 jours d’activité peut recevoir une participation de 1 000 € au financement de son permis de conduire. Autre exemple : un étudiant de moins de 25 ans ayant souscrit un engagement de cinq ans dans la garde nationale peut recevoir une allocation d’études spécifique de 1 200 €, à raison de 100 € par mois. Une réduction d’impôt a aussi été accordée aux... Source et article complet: La-Croix.com - Par Corinne Laurent