Alexandre Benalla devant les sénateurs : le meilleur de la macronie

Son audition était redoutée et aurait pu relancer l'affaire, mais l'ex-chargé de mission a baladé les sénateurs de la commission d'enquête.

On l'attendait dans la droite ligne de sa communication catastrophique avant son audition : impétueux, arrogant, méprisant avec les sénateurs et incarnant le pire de ce que son affaire a révélé de la macronie.

Ce mercredi 19 septembre, pendant les deux heures qu'a duré son grand oral face à la commission d'enquête qui s'est concentré en grande partie sur son rôle à l'Élysée auprès d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla aura montré… le meilleur de la macronie. C'est un jeune homme compétent, à l'aise, souriant, prolixe, parfois drôle, qui s'est présenté devant eux. Un homme à des kilomètres du soldat casqué et violent portant un brassard siglé police lors des manifestations du 1er mai place de la Contrescarpe. Bref, le bon a remplacé la brute. Les sénateurs voulaient révéler les failles du nouveau monde en l'acculant pour souligner ses contradictions. Ils n'ont eu aucune prise sur lui. Ce jeune homme issu de la diversité, incarnant le mérite républicain, a calmement ringardisé cette assemblée vieillissante.

« Maître des horloges »

Pour démontrer qu'il n'était pas un garde du corps, Benalla a mis en avant ses diplômes, et son sens de l'État, détaillant son engagement au sein de la réserve opérationnelle de la gendarmerie depuis ses 18 ans et pour laquelle il a servi environ « 300 jours » aux côtés de Vincent Crase, également mis en examen. Et s'il était physiquement proche d'Emmanuel Macron lors des meetings, c'était « pour lui passer un certain nombre de messages ». À l'Élysée, il se définit même comme un « maître des horloges », un « chef d'orchestre » qui « synchronisait les cortèges ». De son propre aveu, il portait bien une arme, un Glock 43, lors de ses missions, y compris à l'Élysée. Mais il a expliqué, pour se justifier, que Michel Charasse, ex-sénateur, avait un port d'arme quand il était à l'Élysée avec Mitterrand, et que cela ne faisait pas de lui le garde du corps du président. Très fort. Son permis de port d'arme, établi grâce à des informations fournies par l'Élysée, mentionnait des pouvoirs de police ? Ce n'est pas lui qui s'est occupé des motivations. Et s'il portait une arme, c'était avant tout pour « sa propre sécurité », et non celle du chef de l'État. « Était-il en danger ? » interrogent les sénateurs. Benalla ne peut en dire plus…

Source, vidéo et suite de l'article: Le Point - Par Hugo Domenach, Olivier Pérou