Ils agressent trois gendarmes : réveillon «en zonzon» pour quatre Landreciens

Dans le box, quatre gaillards. Le premier, baraqué et tatoué, patibulaire, a la gueule de Rambo, le deuxième a le visage marqué par deux jolis coquards symétriques, le troisième a l’air de sortir du lycée. Le dernier, c’est le petit nerveux de la bande, un « Joe Dalton » pour les fans de Lucky Luke… Les quatre prévenus, tous de Landrecies, auront marqué cette dernière audience correctionnelle de l’année, si ce n’est pas leur intelligence et leur maturité, par leur capacité à se montrer devant les juges, au moins pour deux d’entre eux, sous leurs plus mauvais jours. Ruffin et Chabane sont restés hilares et bravaches durant les trois heures et demie d’audience consacrée à cette affaire grave. On a souvent touché le fond… Les quatre « amis » sont prévenus d’outrages et de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, en l’occurrence deux gendarmes réservistes et le major Marcel Macoine, commandant de la brigade territoriale de Landrecies. Les faits se sont déroulés l’après-midi du 23 décembre. Une patrouille de deux réservistes contrôle deux personnes en train de boire dans une voiture en bas du bâtiment Lilas de la résidence du Grand Parc. Ils donnent deux fausses identités aux gendarmes. Après vérification, le véhicule n’appartient à personne, non assuré, quasi épave, dénommé voiture « merguez » dans le jargon autorisé. Le major revient avec ses deux collègues pour un second contrôle. Trois individus trinquent à la bière et à la vodka dans la voiture. Les gendarmes demandent au groupe de déguerpir : le ton monte. Les militaires doivent se montrer insistants et se heurtent à un groupe de plus en plus agressif, qui finalement rejoint le hall d’immeuble. La tension est palpable dans la cité, d’autant que les Landreciens ont compris qu’un dépanneur avait été appelé pour faire enlever l’épave sous l’effet d’une immobilisation administrative. « On s’est sentis en danger » À l’arrivée du camion, les insultent fusent, «  bâtards, PD, enculés  » – morceaux choisis –, s’ensuit une bousculade lorsqu’un d’entre eux ouvre le capot de force pour récupérer la batterie. Les trois gendarmes, poussés et encerclés, affrontent non plus trois, mais quatre lascars. Un jeune de la cité, venu pour apaiser le conflit, sous l’effet de groupe, bascule dans la violence : jet de canette de bière, coup porté au niveau de la pomme d’Adam sur l’étudiant réserviste. Anthony Ruffin le balèze, fou de violence et d’alcool, brise les deux vitres de la voiture à poings nus. Le major qui fait dos aux agresseurs pour assurer la sécurité du dépanneur reçoit un gobelet en plastique rigide rempli de vodka lancé par Ruffin à l’arrière du crâne. La situation dégénère au point que l’officier appelle le PSIG en renfort. «  On s’est sentis en danger. Je ne voulais pas qu’ils arrivent quelque chose à mes hommes  », a souligné le major Macoine à l’audience. Interrogé un par un par le président Victor Nicolle, les quatre Landreciens ont assumé les insultes, mais minimisé les faits de violences commises en groupe. «  Une bagarre de gens qui boivent trop  », avance un prévenu. «  On se serait cru dans une cour de maternelle. Rien de bien méchant…  », se dédouane l’autre. Kévin Chabane, lui, nie les violences et se permet d’invectiver les gendarmes en pleine audience. Bruno Sauvage, procureur, a fait remarquer que «  ça aurait pu dégénérer. Quand on voit que Ruffin brise des vitres à mains nues  ». Il a salué «  le professionnalisme des gendarmes  ». Le procureur a gradué ses réquisitions au vu des casiers judiciaires et des participations des prévenus. Des peines de 15 mois et 12 mois ferme respectivement pour Anthony Ruffin et Kévin Chabane, assorties d’une mesure d’éloignement d’un an de Landrecies «  car ils terrorisent tout le quartier  ». Pour les deux autres, A. I. et J. V. : 8 mois dont quatre avec sursis et mise à l’épreuve durant deux ans. Il a requis le maintien en détention pour les quatre comparses. « On était passé proche du drame » La tâche de Me Moez Akrout, pour la défense, n’a pas été simple vu le comportement de ses clients à l’audience. Il a reconnu «  qu’on était passé proche du drame  », mais que ses clients avaient su quand même s’arrêter à temps. «  Ce ne sont pas des individus dangereux, mais des jeunes qui avaient bu  », a-t-il justifié. Il a évoqué les difficultés relationnelles de Ruffin avec son père pour expliquer son extrême violence et son impulsivité. Les juges ont condamné... Source et suite de l'article : LaVoixDuNord.fr - Par F. D.